Valorisation des actifs publics : Avec l’appui de la BOAD, le Sénégal crée le FOVAS

L’État du Sénégal et la BOAD ont signé un protocole d’accord pour lancer le Fonds de Valorisation des Actifs du Sénégal (FOVAS), un mécanisme destiné à transformer le patrimoine public en moteur de croissance et en source durable de financement.
À l’heure où de nombreux pays africains cherchent à renforcer leurs marges de manœuvre budgétaires tout en modernisant leurs infrastructures, le Sénégal opte pour une stratégie structurée de gestion de son patrimoine public. Le gouvernement et la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) ont signé un protocole d’accord officialisant la création du Fonds de Valorisation des Actifs du Sénégal (FOVAS), un instrument pensé pour optimiser l’usage économique des infrastructures nationales et mobiliser de nouvelles ressources.
Le FOVAS regroupera routes, ports, installations énergétiques et autres actifs stratégiques dans un mécanisme unique permettant d’améliorer leur rentabilité et de générer des recettes additionnelles. Cette approche vise à diversifier les sources de financement de l’État, réduire la dépendance aux emprunts classiques et soutenir durablement la trajectoire de développement du pays.
Au cœur du dispositif, l’ambition est double : stimuler la croissance économique tout en offrant aux citoyens des services modernisés et plus performants. La centralisation des actifs permettra une gestion plus professionnelle, une planification mieux maîtrisée et une exploitation optimisée des infrastructures publiques.
Une BOAD au centre de la structuration
La BOAD accompagnera le Sénégal à chaque étape du processus. L’institution régionale apportera son expertise en ingénierie financière, structurera la valorisation des actifs et facilitera l’arrivée d’investisseurs privés ainsi que de partenaires internationaux au développement.
Ce soutien vise à créer un effet multiplicateur, en utilisant le patrimoine public comme levier d’attraction de capitaux et d’investissements long terme.
Cheikh DIBA a salué le lancement du FOVAS qu’il qualifie « d’avancée majeure pour le Sénégal ». Pour lui, ce fonds permet de « structurer l’exploitation économique des actifs publics, créer davantage de valeur, accroître les marges de manœuvre budgétaires et consolider le financement du développement ».
De son côté, Serge EKUE a souligné la vision commune entre la BOAD et le gouvernement sénégalais : « Ce partenariat illustre notre volonté de travailler en synergie pour accélérer la mobilisation des financements. Notre rôle sera d’aider l’État à libérer le potentiel de valeur de ses actifs stratégiques, à garantir des investissements durables et à renforcer la résilience financière du pays. »
Un modèle appelé à s’étendre en Afrique de l’Ouest
La démarche sénégalaise pourrait inspirer d’autres États de la sous-région. Face aux besoins croissants en infrastructures et aux contraintes budgétaires, la valorisation professionnelle des actifs publics devient une piste envisagée par plusieurs gouvernements pour financer leur croissance et renforcer leur autonomie financière.
Une stratégie ancrée dans le long terme
En lançant le FOVAS, le Sénégal inscrit sa politique de financement public dans une perspective durable. Le nouveau fonds doit permettre à la fois de mieux exploiter les ressources existantes, de soutenir l’investissement privé et de renforcer les capacités de l’État à fournir des services modernes.
Le pays fait ainsi le choix d’une gestion structurée de son patrimoine, avec l’ambition de transformer des actifs souvent sous-utilisés en leviers de croissance, de résilience et d’innovation économique — une stratégie qui pourrait redéfinir la manière de financer le développement en Afrique de l’Ouest.
Lawal Rafiou