Commissariat de Sègbohouè/Affaire commerciale : Le cri de détresse d’une commerçante victime de tracasserie policière
Une commerçante se dit être victime de tracasseries policières de la part du commissariat d’arrondissement de Sègbohouè dans la commune de Kpomassè à quelque 50 kilomètres de Cotonou. Tout est parti d’une affaire commerciale entre deux commerçantes qui a pris une tournure contentieuse. Portée devant l’unité de la police judiciaire, la balance semble pesée beaucoup plus du côté de la fournisseuse malgré la bonne volonté de sa cliente de solder le reste de la dette.
Dame Jeannette Vodounnon n’en peut plus. Visiblement elle est dépassée par les tracasseries policières auxquelles elle est soumise depuis des mois. Tout est parti d’un contentieux commercial. Selon, la dame actuellement en difficulté, ses activités commerciales ont drastiquement pris un mauvais coup en 2023. De la mévente à la disette, elle est confrontée à un déséquilibre financier qui a fait chuter ses revenus. Ce qui l’a conduit dans l’incapacité de rembourser régulièrement sa fournisseuse avec qui elle est en affaire depuis plusieurs années. Elle raconte, qu’elle achetait des produits de plusieurs millions de FCFA et payait régulièrement suivant leurs clauses de la vente. <<Mais depuis que j’ai commencé par avoir des difficultés, ma fournisseuse n’entend pas me comprendre. le 30 octobre 2023, elle est venue ramasser tous les marchandises restantes dans ma boutique sans la présence d’un huissier de justice ni celle d’un officier de la policière judiciaire. Malgré mes supplications et ma bonne foi de lui rembourser le reste de ses dus, elle est restée intransigeante. Quelques jours plus tard, elle me convoque au commissariat d’arrondissement de Sègbohouè. D’où le début d’un nouveau calvaire >> nous a t’elle confié dans une conversation téléphonique.
Au commissariat, elle a été plusieurs fois gardée à vue durant des jours, malgré avoir manifesté toute sa bonne foi avec à l’appui un engagement de solder par échelonnement. Seulement, chaque fois, la police se met à ses trousses avec des pressions qui visiblement la traumatisent profondément. Elle confie avoir été conduite plusieurs fois au Tribunal de Ouidah sans qu’une solution soit trouvée pour lui donner un peu de temps pour le remboursement. <<Sur les 2.715 000FCFA que réclame ma fournisseuse, j’ai déjà rembourse une somme de 860.000FCF entre le commissariat et le Tribunal. Mais aucune décharge ne m’a été donnée comme preuve. Et chaque qu’on m’appelle au commissariat et que je réclame les décharges, on me refoule. La fois dernière, j’ai été encore gardée à vue durant 04 jours avant d’être relâchée. Franchement, je n’en peut plus, je subis une pression policière inexplicable dans cette affaire, malgré toute ma bonne volonté de satisfaire ma fournisseuse>> s’est elle plainte d’une voix larmoyante.
Elle fait remarque par ailleurs, que sa fournisseuse abuse d’elle en augmentant le montant réel de la dette. Car, poursuit elle, la fournisseuse a un agenda dans lequel les transactions des livraisons et des payements sont énumérés. <<Mais depuis que l’affaire est portée au commissariat, elle n’a plus jamais fait sortir cet agenda. J’en ai réclamé maintes fois en vain aussi bien devant l’officier de la policière judiciaire chargé du dossier que devant le tribunal. Je ne comprends plus rien. Je suis dépassée. Nous sommes dans une affaire commerciale et je reconnais ma dette relevant indépendamment de ma volonté. Et je m’efforce à la rembourser. Pourtant on me bouscule dans tous les sens>> a t’elle ajouté tout en appelant les autorités chargées du dossier à compter sur sa bonne foi pour la suite du remboursement. Elle précise aussi que l’agenda dans lequel les livraisons et payements sont inscrits soit désormais amener devant la justice pour la vérification exacte des transactions.
Par Dieudonné AWELE