Politique

Communales de 2026 au Bénin : Les Démocrates exigent un audit des dossiers à la CENA

Écarté des élections communales de 2026 par la Commission électorale nationale autonome (CENA), le parti Les Démocrates, dirigé par l’ancien président Boni Yayi, rejette une décision qu’il qualifie « d’inique et injuste ». Dans une déclaration rendue publique le mardi 11 novembre 2025 à Cotonou, la formation politique dénonce une stratégie d’exclusion « orchestrée par le régime de la Rupture » et appelle à un audit complet des dossiers de toutes les formations en compétition.

Le Parti Les Démocrates (LD) a haussé le ton, mardi 11 novembre, face à sa disqualification des élections communales de 2026. Dans une déclaration solennelle, la formation de Boni Yayi parle d’un « rouleau compresseur d’exclusion du régime dit de la Rupture », qu’elle accuse de vouloir neutraliser le principal parti d’opposition avant les prochaines échéances électorales. « Après l’entrée du Parti Les Démocrates au parlement en 2023, le régime dit de la Rupture n’a plus réussi à utiliser le parlement comme une simple boîte d’exécution », rappelle la déclaration, accusant le pouvoir d’avoir « changé les textes électoraux pour corser les conditions d’éligibilité et donner plus de pouvoir aux agents de l’administration publique dans la délivrance de certaines pièces indispensables à la constitution des dossiers de candidature ». Selon le parti, tout serait mis en œuvre pour empêcher sa participation non seulement aux communales, mais aussi aux législatives et à la présidentielle de 2026. « Tout est mis en œuvre afin que le Parti Les Démocrates ne soit ni à l’élection présidentielle, ni à l’élection communale », déplore le texte, précisant que « le régime, pour exclure son principal concurrent, actionne simplement les cadres de l’administration pour la confiscation des dites pièces ».

 Un dossier jugé complet par le parti

Les Démocrates affirment avoir « accompli les formalités comme il se doit », soulignant avoir couvert « les 3.630 positions correspondant aux 546 arrondissements du pays », avec près de 29.000 pièces fournies. Sur ces pièces, seules 473 auraient fait l’objet d’observations, contre « 21.000 pour le parti MOELE-BÉNIN » et un nombre bien supérieur pour les partis de la mouvance présidentielle.

Pourtant, à la phase de complétude, le parti dénonce un traitement « arbitraire et partial » de la CENA. « Le jeudi 6 novembre 2025, nos mandataires et même des candidats présents à la Direction des Impôts se sont vu refuser la remise des quitus. Ce refus s’est poursuivi jusqu’au vendredi 7 novembre 2025 après 14h03, heure limite de dépôt », affirme la déclaration, ajoutant que « pendant ce temps, un parti comme les FCBE a pu compléter ses dossiers jusqu’au samedi ».

 Deux poids, deux mesures

Le parti s’insurge contre ce qu’il qualifie de « favoritisme institutionnalisé ». Il cite en exemple les FCBE, qui auraient bénéficié « de nombreuses faveurs » alors qu’ils étaient déjà hors délai. « A l’heure même où nous vous parlons, les FCBE sont encore à la CENA en train de procéder à des réajustements et des compléments de dossiers et de pièces, mais pendant ce temps la CENA les déclare retenus », déplore le texte. Les Démocrates y voient « l’influence inacceptable du régime sur les institutions chargées d’organiser les élections », estimant que « ce que nous apprenions se met progressivement en place à savoir l’exclusion du principal parti d’opposition de toutes les compétitions électorales ».

 Appel à un audit et à la vigilance internationale

Face à ce qu’il considère comme une dérive démocratique, le parti appelle à « un audit de tous les dossiers des partis politiques en compétition à la CENA afin d’éclairer l’opinion nationale et internationale sur le jeu flou de la CENA ».  Les Démocrates affirment par ailleurs n’avoir signé « aucun accord de gouvernance, ni un accord de coalition parlementaire », démentant des rumeurs de rapprochement avec des formations proches du pouvoir. Malgré tout, la formation de Boni Yayi réaffirme sa détermination à poursuivre le combat politique. « Le Parti Les Démocrates réaffirme sa volonté de compétir à toutes les élections et se battra pour que cela soit une réalité », conclut la déclaration, ajoutant : « Nous rejetons cette malheureuse décision de la CENA et nous saisirons toutes les voies de recours possibles. »

Lawal Rafiou

 

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