PANAFRICANISME et DROITS HUMAINS : John GBENAGNON, nouveau souffle du leadership africain engagé

À l’ouverture des travaux du Forum des ONG en marge de la session de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) à Dakar, John Sohoutou GBENAGNON, Directeur Régional de la Stratégie et du Développement du Réseau des Femmes Leaders pour le Développement (RFLD), a marqué un tournant par son intensité et sa clarté stratégique.
Il est des prises de parole qui dépassent le simple protocole diplomatique pour inscrire un cap. Loin des discours convenus et du jargon technocratique, John Sohoutou GBENAGNON haut responsable du RFLD a choisi d’ancrer son plaidoyer dans une trajectoire personnelle universelle, véritable métaphore du continent africain : « Je suis né à Ko-Koumolou, originaire de Daagbé avec pour Pays le Bénin. J’ai appris l’anglais au Nigéria étant enfant, le français quand les parents sont revenus à Cotonou. Banjul m’a appris une autre langue : celle du Système Africain des Droits de l’Homme. » Cette déclaration d’ancrage poétique mais profondément politique pose les bases d’un paradigme nouveau : celui d’une diplomatie des droits humains qui puise sa légitimité dans le terreau local pour s’imposer dans les instances internationales.
Le refus du déconnecté : La légitimité par le territoire
Dans un contexte africain traversé par la réduction de l’espace civique et les réalignements géopolitiques, le message porté par le RFLD sonne comme un rappel aux exigences fondamentales de l’Union Africaine. En tissant un fil conducteur entre les réalités rurales d’Ifangni au Bénin, la fluidité linguistique acquise au Nigéria et l’ingénierie juridique des organes de la CADHP, John GBENAGNON
incarne cette génération de dirigeants panafricains interconnectés, polyglottes et intransigeants sur les principes de gouvernance. Pour la société civile continentale, il ne s’agit plus seulement de recommander ou d’observer, mais de dicter l’agenda de la protection des libertés publiques, de l’égalité des genres et de la justice sociale.
Les priorités de l’Agenda RFLD à la CADHP
L’allocution du Directeur Régional a permis de sérier les impératifs stratégiques portés par le réseau : La sanctuarisation de l’espace civique : Garantir la sécurité physique et juridique des défenseurs des droits humains et des journalistes face aux restrictions législatives émergentes. L’institutionnalisation de l’agenda Genre : Passer des déclarations d’intention à un financement pérenne et autonome des initiatives portées par les femmes et les jeunes filles à la base. L’effectivité des normes continentales : Veiller à ce que les résolutions adoptées à Banjul ou Addis-Abeba se traduisent par des réformes concrètes dans les législations nationales des États membres. L’intervention du RFLD à Dakar démontre que la défense des droits fondamentaux en Afrique n’est ni une importation conceptuelle, ni un luxe théorique : elle est l’expression directe de l’histoire et des aspirations des peuples. En imposant ce ton à la fois solennel, moderne et enraciné, John GBENAGNON réaffirme le rôle central de la société civile comme force d’impulsion et de contrôle citoyen du système africain. Une leçon d’engagement qui rappelle que pour parler la langue de l’Afrique, il faut d’abord en connaître les chemins.
A.Y