Economie

Sécurité et gouvernance régionale en Afrique de l’Ouest : La CEDEAO mobilise 2,85 millions de dollars pour la sécurité et renforce la position du Bénin

À l’issue de sa 68ᵉ session ordinaire tenue le 14 décembre 2025 à Abuja, la CEDEAO a annoncé un appui financier sécuritaire de 2,85 millions de dollars à cinq États membres, dont le Bénin, tout en prenant des décisions majeures en matière de gouvernance, d’intégration régionale et de représentation institutionnelle.

Réunis à Abuja, les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont acté une série de mesures destinées à répondre à la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans la sous-région. Au cœur des décisions figure le déblocage de 2,85 millions de dollars du Fonds régional de sécurité, destinés au Bénin, à la Côte d’Ivoire, au Ghana, au Nigeria et au Togo.

La session a été marquée par une attention particulière portée à la situation politique au Bénin. La CEDEAO « condamne sans réserve la tentative de coup d’Etat qui a mis en péril l’ordre constitutionnel » dans le pays. L’Organisation a salué « la réaction rapide des éléments de la Force en attente de la CEDEAO », venus appuyer « les forces républicaines du Bénin pour faire échec à cette tentative ». Elle a également « félicité les États membres de la CEDEAO, en particulier les gouvernements du Nigeria, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et de la Sierra Leone, pour leur solidarité régionale ».

Dans une perspective de renforcement des mécanismes d’intervention, la Conférence a instruit la « Commission de proposer des textes pertinents régissant la Force en attente de la CEDEAO, et mettre en place un cadre consultatif entre les membres de la Conférence, afin de permettre une intervention rapide en cas d’urgence, notamment lors de situations humanitaires aiguës et de tentatives de coup d’État ».

Sur le plan sécuritaire, la CEDEAO a dressé un constat préoccupant, évoquant une « détérioration croissante de la situation sécuritaire » caractérisée par des attaques armées, des enlèvements et des déplacements massifs de populations. Face à ces menaces, l’Organisation appelle à rendre opérationnelle, en urgence, la Brigade régionale de lutte contre le terrorisme. Elle exhorte également les États membres à maintenir le dialogue avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger, « en vue d’une collaboration efficace et renforcée pour faire face à la détérioration de la situation sécuritaire dans la région ».

Au-delà des enjeux sécuritaires, les dirigeants ouest-africains ont examiné les processus électoraux en cours. Ils ont pris note des préparatifs des élections générales au Bénin, appelant à des scrutins « inclusifs, crédibles et pacifiques ». Sur le plan économique, la Conférence s’est félicitée de la « résilience des économies de la CEDEAO en 2025 », malgré les tensions régionales, tout en exprimant ses préoccupations concernant les retards dans la mise en œuvre de la monnaie unique ECO.

La session a également permis de saluer la synchronisation historique des réseaux électriques ouest-africains, tout en attirant l’attention sur les défauts de paiement susceptibles de fragiliser ce système stratégique. La CEDEAO a enfin réaffirmé son engagement constant en faveur de la démocratie, de la stabilité politique et de l’intégration régionale.

Sur le plan institutionnel, le Bénin sort conforté de cette 68ᵉ session. Le pays s’est vu attribuer le portefeuille du Développement humain et des Affaires sociales au sein de la Commission de la CEDEAO pour la période 2026-2030. Il obtient également un siège à la Cour de justice de la CEDEAO, aux côtés de la Gambie, du Libéria, du Nigéria et du Togo, renforçant ainsi sa présence au sein des instances décisionnelles et judiciaires de l’organisation régionale.

A.T

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