Développement et croissance : La stabilité, facteur de transformation durable, selon Martial Kpochan

Dans une réflexion approfondie, le président de l’Institut de l’Être analyse la stabilité comme un pilier fondamental du développement durable. Au-delà des plans et des stratégies économiques, il met en lumière le rôle central de la confiance, de l’investissement et de la cohésion sociale dans la construction d’un avenir collectif solide.
Contrairement à une idée largement répandue, le développement d’une nation ne se résume pas à la qualité de ses programmes ou à l’ambition de ses politiques publiques. « On a souvent tendance à croire que le développement d’une nation repose uniquement sur la qualité de ses plans. C’est une analyse incomplète », affirme Martial Kpochan. Pour le président de l’Institut de l’Être, le socle réel du progrès réside dans un facteur moins visible mais décisif : la stabilité.
Dans un environnement stable, explique-t-il, les règles sont claires, respectées et inscrites dans la durée. « La stabilité crée un climat de prévisibilité. Elle permet aux citoyens de se projeter, aux entrepreneurs de prendre des risques calculés et aux institutions de fonctionner sans crainte permanente de rupture ». Loin de signifier immobilisme, la stabilité constitue, selon lui, la condition indispensable à toute transformation durable.
De cette stabilité découle une richesse immatérielle essentielle : la confiance. « Lorsqu’un pays est stable, la confiance s’installe naturellement : confiance des ménages dans l’avenir, confiance des investisseurs dans la durabilité des règles, confiance des partenaires internationaux dans la solidité des institutions ». Une confiance qui, souligne Martial Kpochan, conditionne directement l’investissement, moteur de la croissance économique.
Or, rappelle-t-il, « l’investissement n’aime ni l’incertitude ni l’imprévisibilité ». Sans lisibilité ni cohérence, les capitaux se retirent, les projets se figent et les ambitions collectives s’amenuisent. À l’inverse, un cadre stable favorise l’enracinement des investissements, l’installation d’une croissance durable et la mise en œuvre de réformes structurelles profondes.
Pour autant, le président de l’Institut de l’Être insiste : la croissance ne saurait être une finalité en soi. « Le développement n’a de sens que s’il améliore concrètement la vie des populations ». Création d’emplois décents, renforcement des infrastructures sociales et amélioration progressive des conditions de vie constituent, selon lui, les véritables indicateurs d’un développement réussi. Cette dynamique contribue alors à renforcer la cohésion sociale, qui devient à son tour un facteur de stabilité.
Mais cet équilibre reste fragile. « La stabilité est longue à construire, mais très facile à briser », avertit Martial Kpochan. Une rupture, même isolée, peut suffire à éroder la confiance, à bloquer les investissements et à alourdir les coûts de financement, tandis que la restauration de la crédibilité d’un État exige des années d’efforts.
Évoquant les événements du 7 décembre 2025, il rappelle que la stabilité ne peut être dissociée de la légitimité démocratique. « Aucune atteinte à la sûreté de l’État n’est acceptable », affirme-t-il, avant de souligner que « la légitimité ne naît pas de la force des armes, mais du cœur des peuples ».
Enfin, Martial Kpochan invite à distinguer le temps économique du temps social. « Le temps économique et le temps social ne coïncident pas toujours », reconnaît-il, plaidant pour des politiques inclusives et équitables capables de transformer la croissance en bien-être partagé.
Au final, stabilité, confiance, investissement, croissance et cohésion sociale forment, selon lui, une chaîne indissociable. « Préserver la stabilité est donc un choix stratégique », conclut-il. « Un choix exigeant, fondé sur le dialogue, la discipline collective et la continuité », condition essentielle pour inscrire le développement dans la durée et garantir un avenir fondé sur la paix, la dignité et l’espérance.
A.T