Commerce mondial du coton : Le Bénin, pilier africain des importations de coton du Bangladesh

Premier importateur mondial de coton en 2024/2025, le Bangladesh s’appuie largement sur l’Afrique pour alimenter son industrie textile en pleine reprise. Parmi les fournisseurs du conti-nent, le Bénin s’impose comme un acteur clé, au moment où il accélère sa stratégie de trans-formation locale de la fibre.
L’industrie textile bangladeshie confirme son redémarrage après le ralentissement provoqué par la crise de Covid-19. Selon le dernier rapport du Département américain de l’agriculture (USDA), le pays d’Asie du Sud a importé 8,05 millions de balles de coton au cours de la cam-pagne 2024/2025 (août 2024 – juillet 2025), soit une progression de 6,2 % sur un an. Cette dynamique place le Bangladesh au rang de premier importateur mondial de la fibre blanche, devant le Vietnam et loin devant la Chine.
Dans cet approvisionnement massif, l’Afrique occupe une place stratégique. Le continent a fourni 41 % des importations de coton du Bangladesh, représentant environ 3,3 millions de balles. L’USDA cite notamment le Bénin, aux côtés du Cameroun, du Burkina Faso et du Mali, comme principaux fournisseurs africains. En parallèle, le Bangladesh s’est également approvisionné au Brésil (25 %) et en Inde (15 %).
Cette forte dépendance aux importations s’explique par la faiblesse de la production locale bangladeshie, estimée à environ 155 000 balles, alors que le pays couvre près de 98 % de ses besoins sur le marché international. Soutenue par des exportations de vêtements en constante croissance, l’industrie textile du Bangladesh demeure l’une des plus compétitives au monde, grâce à une main-d’œuvre abondante et à faible coût.
Toutefois, les perspectives à moyen terme pourraient évoluer. En Afrique de l’Ouest, plusieurs pays producteurs, dont le Bénin, affichent une volonté affirmée d’accroître la valeur ajoutée sur place. À Cotonou, les autorités ambitionnent de transformer la quasi-totalité de la produc-tion nationale de fibres de coton d’ici 2032, avec la mise en place de près de 28 unités indus-trielles intégrées au sein de la Zone industrielle de Glo-Djibé (GDIZ), située à une quarantaine de kilomètres de la capitale économique.
Si ces projets industriels pourraient, à terme, réduire les volumes exportés à l’état brut, l’USDA estime que le marché bangladais restera attractif pour les fournisseurs mondiaux. Le pays consomme actuellement environ 8,5 millions de balles de coton, mais son potentiel pour-rait atteindre 15 millions de balles, porté par un réseau d’environ 4 500 usines employant près de 4 millions de personnes. En 2024/2025, le Bangladesh a exporté pour 39,3 milliards de dol-lars de vêtements prêt-à-porter, confirmant son rôle central dans les chaînes de valeur mon-diales du textile.
Rufiou LAWAL
