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État civil au Bénin : L’ANIP généralise l’enregistrement des naissances en milieu sanitaire

 Le Bénin s’engage dans une transformation profonde de son système d’état civil. Le 24 février 2026, à Cotonou, l’Agence Nationale d’Identification des Personnes (ANIP) a présenté le bilan consolidé de la phase pilote du Guichet Unique de Déclaration et d’Enregistrement des Naissances dans les formations sanitaires publiques.

Plus qu’un simple projet expérimental, l’initiative marque, selon ses promoteurs, le point de départ d’une réforme structurelle appelée à redéfinir durablement l’architecture de l’identité au Bénin.

La rencontre a mobilisé les représentants du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, du Ministère de la Santé, du Ministère de la Décentralisation, de l’Association Nationale des Communes du Bénin (ANCB), des sages-femmes ainsi que des partenaires techniques et financiers, notamment UNICEF Benin, Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) et WURI Bénin.

En ouvrant les travaux, le Directeur général de l’ANIP, Aristide Guy ADJINACOU GNAHOUI, a fixé le cap : « Nous ne sommes pas réunis pour commenter un projet pilote. Nous sommes ici pour évaluer une réforme structurelle. L’identité commence à la naissance. Un enfant non enregistré est un citoyen invisible. »

Déficit d’enregistrement malgré des naissances déclarées

Le diagnostic posé est sans équivoque. Au cours des dernières années, plus de 2,3 millions de naissances ont été déclarées au Bénin. Pourtant, moins de 40 % ont été effectivement enregistrées dans le Registre national des personnes physiques. En 2025, le taux national d’enregistrement s’établissait à 21,95 %. Le blocage ne résidait pas dans la volonté des parents, mais dans la complexité du circuit administratif : naissance, déclaration, déplacement vers le centre d’état civil, puis enregistrement. C’est précisément dans cette étape de déplacement que se produisait la rupture.

 

L’intégration des procédures au cœur de la réforme

La phase pilote du Guichet Unique a consisté à fusionner la déclaration et l’enregistrement directement au sein des formations sanitaires publiques. En supprimant la barrière organisationnelle entre le lieu de naissance et l’état civil, l’ANIP a opéré un basculement de modèle. Six mois après son lancement, les résultats sont significatifs. On note plus de 76 % d’enregistrements dans les sites pilotes ; plus de 96 % de reconnaissances de paternité formalisées ; une amélioration notable de la qualité des données et de la consolidation du Registre national des personnes physiques. Pour les autorités, il ne s’agit pas d’un simple ajustement technique, mais d’une mutation structurelle de la chaîne d’identification.

Le défi du passage à l’échelle nationale

La question n’est désormais plus celle de la pertinence du modèle. Les indicateurs sont jugés probants. L’enjeu stratégique porte sur la généralisation à l’ensemble du territoire. Quatre leviers structurent cette ambition : la formation et la coordination des équipes, la robustesse des plateformes numériques et de la connectivité sécurisée, l’harmonisation des procédures interinstitutionnelles, ainsi que la stabilisation des ressources budgétaires et logistiques.

Passer à l’échelle nationale signifierait garantir l’identité juridique dès la naissance pour chaque enfant, renforcer les outils de planification publique, consolider les politiques d’inclusion et contribuer directement à la cible 16.9 des Objectifs de développement durable relative à l’identité pour tous. En consolidant le lien entre naissance et enregistrement, le Guichet Unique ne corrige pas seulement une faiblesse administrative. Il participe à la construction d’une infrastructure de confiance au cœur de l’État. La réforme est engagée. Sa généralisation déterminera sa portée historique et son caractère irréversible.

 

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