FIIB 2026/Marchés boursiers : Le FAGACE plaide pour une formation au service du secteur privé

La capitale burkinabè accueille depuis mercredi 25 février 2026 la troisième édition du Forum international sur l’investissement boursier (FIIB 2026). Placée sous la présidence du ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, et organisée par la Société de gestion et d’intermédiation SA2IF, la rencontre est dédiée à la réflexion sur l’avenir des places financières africaines à l’ère du numérique. Réunis autour du thème « Innover pour attirer : repenser les marchés boursiers africains à l’ère de la finance numérique », décideurs publics, régulateurs et acteurs du secteur privé échangent durant deux jours sur les leviers d’attractivité et de compétitivité des marchés du continent. Mais c’est lors du panel de haut niveau modéré par Tertius Zongo, aux côtés du ministre burkinabè de l’Économie et du Commissaire de l’UEMOA, Paul Koffi Koffi, que l’intervention du Directeur général du FAGACE a particulièrement retenu l’attention. Pour Dr Ngueto Tiraina Yambaye, la modernisation des marchés financiers ne saurait se réduire aux réformes techniques ni à la digitalisation des instruments. Elle repose d’abord sur la qualité des ressources humaines et la solidité du tissu entrepreneurial. « L’aspect formation et éducation financière est fondamental.
Il faut que les entrepreneurs soient outillés », a-t-il déclaré avec conviction. Selon lui, l’intégration de la culture entrepreneuriale dans les curricula de formation constitue une priorité stratégique. L’objectif : bâtir une génération d’opérateurs économiques structurés, transparents et mieux notés, capables d’inspirer confiance aux investisseurs et aux partenaires financiers.
Un plaidoyer pour la richesse du producteur africain
Au-delà des considérations techniques, le DG du FAGACE a livré une analyse sans concession des paradoxes économiques du continent. « Le fermier africain doit être riche tout comme le fermier américain. Nous, Africains, qui avons des terres et continuons à importer la nourriture, c’est une honte. » À travers cette déclaration, il a insisté sur la nécessité d’un encadrement structuré du secteur privé, notamment dans les domaines des biens et services. Pour lui, l’insuffisance de l’accompagnement technique, financier et réglementaire constitue un frein majeur à l’émergence de champions nationaux et régionaux.
Il a ainsi plaidé pour une politique cohérente d’appui aux entrepreneurs, articulée autour de la formation continue, de la notation financière, de la transparence et de la valorisation des réussites africaines.
Le rôle stratégique du FAGACE
Institution régionale de garantie, le FAGACE intervient dans l’amélioration de l’accès au financement des entreprises. Toutefois, son action dépasse l’octroi de garanties. « Notre rôle, en tant que fonds de garantie, c’est aussi la réglementation », a souligné Dr Yambaye, mettant en avant la nécessité de renforcer la crédibilité des entreprises africaines par le respect des normes, la discipline financière et la transparence. Il a également salué les avancées enregistrées en matière d’éducation financière en Afrique de l’Ouest, estimant que la région figure parmi les plus dynamiques sur ce chantier stratégique.
Rafiou LAWAL
