Société

Inclusion financière au Bénin :  Les analyses du Pdt du RJCIF, Adam Houéténon sur les annonces de Wadagni 

À la faveur de la présentation officielle du projet de société du duo présidentiel Wadagni-Talata, tenue au Palais des Congrès de Cotonou, les ambitions en matière d’inclusion financière se précisent et suscitent déjà de vives attentes. Portée par l’annonce phare d’une plateforme nationale de financement capable d’octroyer des crédits en moins de 48 heures, cette vision entend accélérer l’accès des populations aux services financiers. Dans cet entretien exclusif, Adam Houétenon, Président du Réseau des Journalistes et Communicants pour l’Inclusion Financière, décrypte les avancées du Bénin, analyse les enjeux techniques et réglementaires de cette réforme. Il insiste sur les conditions indispensables pour transformer cette promesse en outil de développement économique inclusif.

 

Question : Monsieur le Président, où en est le Bénin aujourd’hui en matière d’inclusion financière ?

Le Bénin a enregistré des progrès remarquables ces dernières années. Le taux de bancarisation élargi est passé de 63 % à 87 %, et le taux d’inclusion financière de 69 % à 90 % entre 2016 et 2024. Ce qui place notre pays en tête dans l’espace UEMOA. Ces résultats sont le fruit d’efforts combinés entre le Fonds National pour la Microfinance, les institutions financières et les initiatives privées.

 

Que pensez-vous de l’annonce de créer une plateforme nationale permettant d’obtenir un crédit en moins de 48 heures ?

C’est une annonce ambitieuse et innovante. Elle est un pont de transition vers une inclusion financière accélérée, fondée sur la digitalisation et l’exploitation de données financières et non financières. Si elle est bien exécutée, cette plateforme pourra transformer la vie économique des citoyens, en particulier les microentreprises, les femmes entrepreneures et les jeunes porteurs de projets.

 

 

Quels sont les facteurs clés pour que cette initiative fonctionne réellement ?

Trois conditions sont déterminantes. La première est qu’il faut une infrastructure numérique sécurisée et interopérable pour traiter les transactions rapidement. En deuxième position, la digitalisation complète de la chaîne de valeur de la microfinance, pour faciliter l’instruction et le suivi des crédits. Troisièmement, un cadre de régulation solide qui assure la protection des citoyens tout en stimulant les acteurs privés comme les fintechs et les banques digitales. Sans ces piliers, le délai de 48 heures restera une promesse théorique.

 

Quels bénéfices les populations peuvent-elles attendre ?

L’accès rapide à des crédits adaptés peut libérer le potentiel économique des citoyens. Un artisan ou un jeune entrepreneur pourra développer son activité, sécuriser ses revenus et créer des emplois sans attendre plusieurs semaines pour obtenir un financement. C’est un moyen direct pour la formalisation et la croissance économique.

 

 

Quel rôle votre réseau va-t-il jouer dans cette dynamique ?

Nous agirons comme interface et veille. Notre intervention consistera à informer les populations, à vulgariser le fonctionnement de la plateforme et surtout à suivre la mise en œuvre de cette promesse. Le délai de 48 heures deviendra un indicateur public de performance, sur lequel nous serons particulièrement attentifs.

 

Peut-on dire que votre réseau soutient cette initiative ?

Je répondrai par l’affirmative. Oui, mais dans une posture constructive. Nous soutenons les initiatives qui favorisent l’inclusion financière, mais nous exigeons des résultats concrets, mesurables et inclusifs. L’inclusion financière ne doit pas rester une promesse politique. Elle doit devenir une réalité tangible pour chaque citoyen. Connaissant le candidat comme un travailleur et un homme des finances. Il va y veiller pour que le résultat soit au rendez-vous. Personne ne sera déçu.

 

Un dernier mot pour les lecteurs ?

Cette ambition peut être un véritable tournant pour le Bénin. Mais la réussite dépendra de l’exécution, de la régulation et de l’accompagnement des acteurs privés et publics. Notre réseau continuera d’être le garant de la transparence et de la concrétisation de ces engagements.

Rafiou Lawal

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