EconomiePolitique

Crédit bancaire dans l’UMOA :  Près de 2/3 des financements pour 03 secteurs

Les derniers chiffres publiés par la Commission Bancaire de l’UMOA dans son rapport annuel 2024 révèlent une forte concentration sectorielle des crédits déclarés par les banques commerciales à la Centrale des risques de la BCEAO. Près de 65 % des encours de crédits sont orientés vers seulement trois secteurs d’activité : Commerce, restaurants et hôtels (29 %), Services à la collectivité et services sociaux (24 %) puis l’industries manufacturières (12 %).  En tête de liste donc, le secteur du commerce, de la restauration et de l’hôtellerie concentre à lui seul près d’un tiers des financements bancaires. Ce dynamisme s’explique par la forte rotation des activités liées au commerce de gros, à l’import-export et à la distribution de biens, mais aussi par une demande de financement fréquente et soutenue. Ces acteurs ont souvent besoin de lignes de crédit à court terme pour financer leurs stocks et répondre aux variations. Arrivent ensuite les services à la collectivité et services sociaux, avec 24 % des encours. Ce secteur regroupe principalement les administrations publiques, les collectivités locales et d’autres entités assimilées. Leur profil de risque jugé plus faible, du fait du soutien ou des garanties de l’État, en fait des clients privilégiés pour les établissements bancaires. Le troisième pilier du crédit bancaire, l’industrie manufacturière représente 12 % des financements. Ses besoins portent généralement sur des crédits à moyen ou long terme pour l’acquisition d’usines, de machines ou d’équipements. Ce secteur mobilise également des lignes d’exploitation pour financer l’achat de matières premières et assurer la continuité de la production.

Le secteur primaire en rade

En revanche, les secteurs agricoles, sylvicoles et halieutiques, ainsi que les industries extractives, restent largement sous-financés, avec seulement 5 % des encours (3 % pour l’agriculture et 2 % pour les industries extractives). Cette faible part s’explique en grande partie par la prudence des banques face à des secteurs fortement informels, où les petits producteurs sont nombreux mais disposent rarement de garanties suffisantes pour sécuriser les prêts. À cela s’ajoutent des risques climatiques et de marché élevés, qui freinent encore l’appétit des établissements financiers.

Vers une diversification nécessaire ?

Cette concentration sectorielle soulève la question de la diversification du financement bancaire dans l’espace UMOA. Alors que l’agriculture reste un levier majeur de croissance et d’emploi, son faible accès au crédit limite sa transformation et sa modernisation. Plusieurs initiatives publiques et privées cherchent aujourd’hui à réduire les risques perçus par les banques et à favoriser une meilleure inclusion financière des acteurs du secteur primaire. Cette répartition des crédits bancaires met en lumière les priorités et les zones de confort des établissements financiers de l’UMOA. Elle rappelle aussi les défis à relever pour soutenir une croissance économique plus équilibrée et inclusive dans la région.

A.E

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page