VBG au Bénin : leaders religieux et acteurs sociaux mobilisés
(Espoir de la Famille, Faith to Action Network et l’AEEB mobilisent les leaders religieux et les acteurs sociaux pour un Plaidoyer communautaire)

Les 20 et 21 novembre 2025, Porto-Novo a accueilli un atelier majeur consacré au plaidoyer communautaire contre les Violences Basées sur le Genre (VBG). Organisé par Espoir de la Famille, Faith To Action Network et AEEB, l’événement a rassemblé des leaders religieux, des têtes couronnées, des représentants institutionnels et des acteurs communautaires autour d’une ambition commune : mobiliser les voix spirituelles pour défendre les droits humains, protéger les femmes et les enfants, et bâtir des communautés plus sûres.
À Porto-Novo, ce 20 novembre 2025, l’atmosphère de l’Espace Ubuntu n’était pas celle d’une simple salle de réunion. Les regards étaient attentifs, les échanges francs, parfois chargés d’émotion. L’atelier organisé par Espoir de la Famille, Faith To Action Network et l’AEBE a réuni des leaders religieux, des têtes couronnées, des représentants institutionnels et des acteurs sociaux autour d’un même constat : les violences basées sur le genre fragilisent les familles, blessent les consciences et exigent une action collective immédiate.
Dès les premières prises de parole, la dimension humaine de la rencontre s’est imposée. Le Directeur Exécutif d’Espoir de la Famille a rappelé, avec force, que la justice, lorsqu’elle s’allie à la foi, devient un moteur de paix pour les plus vulnérables. Un message qui a résonné dans la salle, comme une invitation à la responsabilité morale.
Comprendre, écouter, puis agir : les temps forts du premier jour
La première journée a posé les bases du dialogue. Les participants ont revisité l’ampleur des violences au Bénin, non pas à travers des statistiques froides, mais en évoquant les réalités vécues dans les foyers, les paroisses, les mosquées et les quartiers. Les échanges ont permis d’exprimer les peurs, les incompréhensions, mais aussi les espoirs d’un changement possible.
Chaque intervention apportait un éclairage différent, mais toutes convergeaient vers une même idée : les leaders religieux sont en première ligne. Leurs paroles ont le pouvoir de guérir, d’orienter, de prévenir. Leur silence, au contraire, peut coûter cher. Cette prise de conscience a nourri des discussions franches, parfois intenses, mais toujours constructives.
Plonger dans le réel : droit, protection et responsabilités
Le deuxième jour a ouvert un autre chapitre, plus technique mais tout aussi essentiel. En explorant le cadre légal béninois et les dispositifs de protection, les participants ont compris que lutter contre les VBG, c’est aussi connaître les lois qui protègent, les mécanismes qui alertent, les institutions qui accompagnent.
Les récits partagés au fil des échanges ont montré à quel point les victimes se heurtent encore au silence, à la honte ou aux pressions familiales. Autant de barrières que les leaders religieux, par leur position d’écoute et de proximité, peuvent aider à briser. Cette réalité a donné une profondeur particulière aux discussions, comme un rappel du poids humain derrière chaque décision, chaque omission, chaque geste de soutien.
Une déclaration commune qui scelle un engagement sincère
En ateliers, les participants ont identifié des pistes d’action adaptées à leurs contextes. Ce travail collectif a débouché sur une déclaration commune, rédigée et signée dans un esprit de responsabilité partagée. Le moment fut solennel : les regards posés sur les textes, les signatures apposées avec gravité, et ce sentiment palpable que quelque chose venait de se construire.
La photo de famille, les échanges informels, les sourires soulagés à la fin de la rencontre témoignaient d’une satisfaction générale. Beaucoup ont confié repartir mieux informés, mieux préparés et surtout déterminés à porter la voix des sans-voix dans leurs communautés.
Une dynamique porteuse d’espoir pour les communautés
Ces deux jours d’atelier, inscrits dans le projet « Ma Foi_Justice Genre », n’étaient pas un exercice institutionnel de plus. Ils ont permis de tisser des liens, de confronter des réalités, de partager des vérités parfois difficiles à dire. Mais surtout, ils ont mis en lumière la force que représentent des leaders religieux unis face aux violences basées sur le genre.
L’engagement exprimé à Porto-Novo laisse entrevoir une dynamique durable. Si les paroles prononcées dans l’Espace Ubuntu trouvent un écho dans les mosquées, les temples, les paroisses, les palais et les familles, alors le plaidoyer communautaire prendra une dimension nouvelle. Et peut-être que, dans le quotidien des communautés, certaines vies pourront être épargnées, certains destins préservés.
C’est là toute la promesse de cet atelier : transformer l’espoir en action, et l’action en protection réelle.
A.T

