Economie

Entrepreneuriat féminin : Le FAGACE lance WAFI pour accélérer l’accès au financement en Afrique

Le Fonds africain de garantie et de coopération économique (FAGACE) a procédé, le vendredi 27 mars 2026, au lancement d’un nouvel instrument de garantie : Women Access Finance Initiative (WAFI). C’était en présence d’un parterre d’entrepreneures et d’organisations d’entreprises, de décideurs venus de plusieurs ministères, de la présidente de l’Institut national de la femme, de partenaires bancaires, du Président du FAGACE, Dr Nguéto Tiarina Yambaye et du Ministre des PME et de la promotion de l’emploi, Modeste Tihounté Kérékou.

Que faire pour permettre au PIB des États membres du FAGACE de rattraper le manque à gagner dû au financement des entrepreneures féminines ? C’est en réponse à cette préoccupation qu’ensemble avec des partenaires bancaires, des acteurs du marché financier et des chambres consulaires, le FAGACE a pensé à cette solution innovante, Women Access Finance Initiative (WAFI). En effet, 50 % des femmes qui souhaitent entreprendre renoncent faute de garantie selon certaines statistiques. Un frein à l’inclusion financière des femmes et le Fonds africain de garantie et de coopération économique (FAGACE) entend remédier cela.  Président du FAGACE, « …Nous sommes convaincus qu’il ne peut y avoir de croissance durable sans inclusion financière, et il ne peut y avoir d’inclusion réelle sans une prise en compte des besoins spécifiques des femmes », a souligné Dr Nguéto Tiraina Yambye, qui a reconnu que dans beaucoup de pays africains, les femmes constituent la majorité de la population. « … Malgré leur rôle central dans le tissu économique, les femmes entrepreneures continuent de faire face à des obstacles majeurs. En Afrique, elles représentent une part importante du tissu entrepreneurial, mais font face à un défi de financement estimé à plus de 40 milliards de dollars ».

Ce constat, poursuit le Président du FAGACE, « appelle à une mobilisation accrue de tous les acteurs que nous sommes ». « Le FAGACE et ses partenaires bancaires et les chambres de commerce sont en train de mettre en place un nouvel écosystème pour pouvoir être à l’écoute des besoins de financement des porteurs de projets… Face à ces réalités, notre institution a fait le choix clair : agir avec détermination, responsabilité et ambition. Notre ambition est de faire des femmes de véritables moteurs de croissance économique et sociale dans les États membres. Cette dynamique s’inscrit en parfaite cohérence avec les orientations du Programme d’actions gouvernemental du Bénin, qui fait de la promotion de l’entrepreneuriat féminin et du développement des PME une priorité stratégique. Le FAGACE vient en appui concret à cette vision nationale pour lever les contraintes structurelles qui pèsent sur nos PME portées par les femmes ».

Concrètement, à travers cette offre qui procède d’une refonte des offres du FAGACE, l’institution s’engage à renforcer les garanties spécifiques dédiées aux projets portés par les femmes, réduire les barrières à l’entrée pour les entrepreneures innovantes, sécuriser davantage les banques partenaires pour stimuler l’investissement productif. Le Président du FAGACE a exprimé la volonté de l’institution de construire, avec tous, un partenariat solide et opérationnel au service de l’entrepreneuriat féminin et a rassuré que le Fonds jouera pleinement son rôle d’acteur structurant du financement inclusif. Représentante du Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Sylvie De Chacus, Conseillère technique du ministre, a reconnu la place des femmes dans la chaîne de valeur que cherche à construire le ministère entre le monde académique et économique. « Le lancement de cette offre marque une étape décisive dans le mécanisme des offres de garantie sur notre continent. (…) en sécurisant les partenaires financiers et en réduisant les risques perçus, cette offre permet une inclusion financière réelle », a assuré Sylvie De Chacus.

Cette offre améliore la situation des femmes, a également témoigné Huguette Bokpè Gnancadja, présidente de l’Institut national de la femme. « En organisant cette inclusion financière, vous faites passer beaucoup de femmes entrepreneures d’un statut d’exécutantes ordinaires à un statut d’initiatrices, de conceptrices et de réalisatrices… vous leur permettez d’exercer du leadership et, en exerçant ce leadership, elles acquièrent plus d’influence avec un effet boule de neige multiplicateur, parce qu’elles vont employer des femmes… Je ne peux donc que m’associer fortement à ce maillon de la chaîne qui participe de l’autonomie de la femme, qui n’est pas juste une autonomie économique mais une autonomie psychologique, émotionnelle et en même temps financière. Je m’en réjouis, je vous félicite ». Représentant du ministre d’État chargé du Plan, du Développement et de la Coordination de l’action gouvernementale, Rachidi Radji, Conseiller technique, a salué lui aussi ce projet qui consiste à inclure une majeure partie de la richesse de la nation, sachant que les femmes représentent 52 %.

Signature d’accord avec des structures partenaires, le gouvernement salue le projet

Lors de la cérémonie, le FAGACE a signé un mémorandum avec trois structures partenaires. Il s’agit de Bank of Africa (BOA), de la Banque internationale pour l’industrie et le commerce et de la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin (CCI-Bénin). Cette signature, a rappelé le Président du FAGACE, soutient la dynamique du FAGACE et la nouvelle synergie avec le secteur financier. Le Ministre des Petites et Moyennes Entreprises et de l’Emploi, Modeste Kérékou, a apprécié l’initiative qu’il a saluée au nom du gouvernement. Le ministre s’est préoccupé du taux d’octroi de ce crédit qu’il considère comme un critère important de motivation. « Loin d’être une offre commerciale de plus, elle est une réponse stratégique à l’un des défis majeurs de notre économie, à savoir : la transformation du potentiel féminin en champion national (…) ». Le ministre a rappelé que le gouvernement a fait du développement du secteur privé et de l’entrepreneuriat les axes majeurs de sa politique économique et du développement du secteur privé le moteur de sa croissance. Il a reconnu que les femmes gèrent la majorité des micros, petites et moyennes entreprises, mais elles font pourtant face à un gap de financement qui freine le PIB. « L’autonomisation économique des femmes n’est pas une option sociale. C’est un impératif de souveraineté économique. (…) Force est de constater que l’accès au financement constitue l’un des principaux freins à l’épanouissement de l’entrepreneuriat féminin. C’est pourquoi nous accueillons avec beaucoup d’intérêt l’offre du FAGACE ». Le ministre a exhorté cependant à ne pas se limiter à la garantie. « La garantie seule ne suffit pas », a-t-il souligné en lançant un appel aux institutions financières à faire preuve d’agilité et à lever les barrières bureaucratiques diverses qui excluent encore trop de femmes du crédit. Il a enfin rassuré des efforts continus du gouvernement pour l’amélioration du climat des affaires en vue de la sécurisation des investissements. « L’événement qui nous réunit ce jour doit être compris comme un signal fort. Celui d’un pacte renouvelé entre l’État, les institutions multilatérales comme le FAGACE, le secteur bancaire national pour une croissance plus forte, plus inclusive et plus résiliente ». Le ministre a vu dans la signature de ces accords, le signe d’une volonté commune d’agir et a exhorté les autres acteurs institutionnels et financiers qui ne se sont pas encore engagés à s’y associer pleinement afin d’amplifier son impact et d’en faire un véritable levier de transformation économique. Désormais, toutes les informations sur ce produit, WAFI, sont disponibles sur les plateformes du FAGACE pour le bonheur des femmes. La cérémonie de lancement est suivie d’un panel de partage d’expériences et d’idées qui a mobilisé aussi bien le FAGACE, des responsables de banque, de structures d’accompagnement et des entrepreneures.

Chester WANOU

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