Baisse du dollar : Les revenus de la BCEAO amputés de 92 milliards FCFA

La Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest enregistre un recul de 14 % de son résultat net en 2025. En cause, la dépréciation du dollar face à l’euro, qui a fortement affecté ses revenus de change, selon ses états financiers certifiés.
L’exercice 2025 s’est révélé moins favorable pour la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). L’institution monétaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine affiche un résultat net de 588 milliards de FCFA, en baisse de 14 % par rapport à 2024. Cette contre-performance s’explique principalement par un retournement marqué des revenus de change, qui se sont dégradés de 92 milliards de FCFA sur la période. Le résultat net de change est ainsi passé d’un excédent de 62 milliards FCFA en 2024 à un déficit de 30 milliards FCFA en 2025. À l’origine de cette évolution, la dépréciation du dollar américain face à l’euro sur les marchés internationaux. Arrimé à la monnaie européenne à un taux fixe de 655,957 FCFA pour un euro depuis 1999, le franc CFA répercute automatiquement les fluctuations de l’euro vis-à-vis des autres devises. En 2025, le dollar a perdu 11,58 % de sa valeur face à l’euro, passant de 631,40 à 558,26 FCFA, ce qui a mécaniquement réduit les gains liés aux opérations de change de la banque centrale. Dans le détail, les gains de change ont connu une chute significative, passant de 245 milliards FCFA en 2024 à seulement 51 milliards FCFA en 2025, soit une baisse de 79 %. Parallèlement, les pertes latentes sur les positions en devises se sont fortement accrues, atteignant 857 milliards FCFA contre 493 milliards un an plus tôt. Ces résultats, certifiés par Deloitte Côte d’Ivoire, illustrent la sensibilité des équilibres financiers de la BCEAO aux fluctuations des marchés de change internationaux. Ils mettent également en lumière les effets indirects des dynamiques monétaires globales sur les économies de l’Union, dont la monnaie reste étroitement liée à l’euro. Malgré ce repli, la BCEAO maintient un niveau de résultat global élevé, traduisant la solidité de ses fondamentaux. Toutefois, l’évolution des marchés des changes demeure un facteur déterminant pour ses performances futures, dans un contexte international marqué par une forte volatilité des devises.
A.T