Après la présidentielle 2026 : Le mouvement SUD se restructure pour soutenir l’action publique

Réunis ce samedi 09 mai 2026 à Cotonou dans le cadre d’un séminaire national de réflexion, les responsables et militants du mouvement Solidarité, Union, Développement (SUD) ont affiché leur volonté de structurer durablement leur présence dans le paysage politique béninois. Entre bilan de la campagne présidentielle, explication de la « trêve politique » et ambitions organisationnelles, le mouvement entend désormais se positionner comme un relais entre l’action publique et les attentes citoyennes.
Le silence revenu après l’intensité de la campagne présidentielle, le mouvement Solidarité, Union, Développement (SUD) veut désormais occuper un autre terrain : celui de l’organisation politique et de la veille citoyenne. Samedi 09 mai 2026, cadres nationaux, coordinateurs départementaux et sympathisants se sont retrouvés au siège du mouvement à Cotonou pour un séminaire national consacré aux perspectives d’avenir après l’élection du duo Romuald Wadagni–Mariam Chabi Talata.
Dans une salle acquise à la cause du mouvement, les interventions se sont succédé avec un même fil conducteur : transformer la dynamique électorale en une présence politique durable.
Dès l’ouverture des travaux, Rodrigue Guézodjè, membre fondateur et coordonnateur de l’événement, a précisé : « Le temps de la compétition électorale a cédé la place à celui de l’exigence citoyenne ». Pour lui, la rencontre ne devait pas être perçue comme une simple célébration de victoire.
Elle marque plutôt, selon ses mots, « l’acte de naissance d’une nouvelle identité » pour le mouvement. SUD ambitionne désormais de devenir une structure de réflexion et d’accompagnement du pouvoir autour d’orientations concrètes en faveur du développement.
Entre soutien politique et veille citoyenne
Au fil des échanges, plusieurs responsables ont insisté sur la volonté du mouvement de s’installer durablement dans l’espace public. Coordonnateur du Zou, Gildas Kèssè a rappelé les fondements du mouvement articulés autour de la solidarité, de l’union et du développement. « Le mouvement SUD n’est pas un mouvement de plus dans l’arène politique de notre pays. C’est un mouvement appelé à durer dans le temps », a-t-il affirmé.
Selon lui, l’ambition du mouvement est de servir de passerelle entre les politiques publiques et les préoccupations des populations, à travers des actions de sensibilisation, de veille citoyenne et de mobilisation autour des opportunités économiques.
Le vice-président Igor Ahouandogbo a, de son côté, salué la mobilisation des militants pendant la campagne présidentielle, estimant que l’engagement collectif a contribué au résultat obtenu par le candidat soutenu par le mouvement.
Le temps fort du séminaire est intervenu avec le discours du président du SUD, Aloïs Djibon. Face aux membres du directoire national et aux invités, il a insisté sur la responsabilité qui incombe désormais au mouvement après l’élection présidentielle. « Si nous sommes réunis ici, ce n’est pas pour savourer une victoire, mais pour assumer une responsabilité. La victoire n’est qu’une porte ; le développement est le chemin », a-t-il lancé.
Le président du mouvement a également plaidé pour une institutionnalisation progressive de SUD afin d’éviter qu’il ne reste une organisation éphémère. « Un mouvement qui ne s’institutionnalise pas se condamne à l’oubli. SUD ne sera pas une force éphémère. Nous sommes nés pour durer », a-t-il soutenu.
Une lecture juridique de la « trêve politique »
Invité à intervenir au cours du séminaire, le professeur de droit Gilles Badet a apporté une lecture juridique de la « trêve politique » entrée en vigueur après l’élection présidentielle. Refusant toute interprétation assimilant cette notion à une suspension du débat démocratique, il a expliqué que cette période correspond simplement au retour à une animation politique normale après la phase électorale.
« Ce n’est pas la critique qui est supprimée. C’est la manière de s’exprimer qui change », a-t-il expliqué, en insistant sur « la courtoisie dans la critique de l’action politique ». Selon lui, le débat contradictoire reste possible tant qu’il ne bascule pas dans les appels à l’insurrection ou à la déstabilisation des institutions.
À travers cette rencontre, le mouvement SUD affiche ainsi son intention de conjuguer soutien au nouveau pouvoir et participation active au débat public. Reste désormais à voir comment cette ambition de structuration politique et citoyenne se traduira dans les mois à venir sur le terrain national.
Rafiou Lawal