Appui au développement : La Banque mondiale engage 320 millions de dollars en faveur du Bénin

Le Groupe de la Banque mondiale a dévoilé un nouveau Cadre de partenariat pays (CPF) couvrant la période 2027-2036 et approuvé deux financements d’un montant total de 320 millions de dollars pour le Bénin. Axés sur l’emploi, le capital humain, les infrastructures et la résilience, ces investissements visent à accompagner durablement la transformation économique du Bénin et à renforcer son attractivité pour les investissements privés.
Le Bénin enregistre une nouvelle étape dans son partenariat avec le Groupe de la Banque mondiale. À Washington, l’institution financière internationale a annoncé, le 16 juin 2026, l’adoption d’un nouveau Cadre de partenariat pays (CPF) pour la période 2027-2036 ainsi que l’approbation de deux financements de l’Association internationale de développement (IDA) totalisant 320 millions de dollars. À ces appuis s’ajoute l’accès du pays à l’Allocation de prévention et de résilience (PRA), destinée à renforcer la cohésion sociale et la capacité du Bénin à faire face aux facteurs de fragilité.
Le nouveau cadre stratégique s’inscrit dans la vision de développement portée par le gouvernement béninois et met l’accent sur la création d’emplois de qualité. Trois priorités structurent cette feuille de route : le renforcement du capital humain, l’élargissement de l’accès aux infrastructures essentielles et l’accélération de la transformation économique conduite par le secteur privé.
Pour la Banque mondiale, l’enjeu principal reste l’emploi, dans un contexte de croissance soutenue de la population active. « Le Bénin a accompli des progrès remarquables au cours de la dernière décennie, mais le défi qui l’attend est encore plus grand : créer suffisamment d’emplois de qualité pour une population active en forte croissance. L’emploi est l’étoile polaire du parcours de développement du Bénin, c’est pourquoi l’alignement entre la vision ALAFIA 2060 du Gouvernement et ce nouveau Cadre de partenariat pays est si puissant. Ensemble, nous voulons renforcer la résilience et accélérer une croissance tirée par le secteur privé afin de créer des emplois plus nombreux et de meilleure qualité pour tous les Béninois », souligne Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice des opérations pour le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Togo.
Elle ajoute : « Grâce à des investissements transformateurs tels que le Programme multiphase pour la nutrition et le Programme du barrage multifonctions de Dogo Bis, le Groupe de la Banque mondiale passe de la stratégie à la mise en œuvre, transformant l’ambition en emplois, et les emplois en prospérité durable. »
Dans le cadre de ce partenariat, le Bénin bénéficiera d’une enveloppe de 1,077 milliard de dollars de l’IDA sur la prochaine décennie. Cette allocation sera complétée par les interventions de la Société financière internationale (IFC) et de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), avec pour objectif de stimuler davantage les investissements privés.
« Nous voulons faire du secteur privé le moteur de la transformation économique et de la création d’emplois au Bénin pour la prochaine décennie. Ce nouveau cadre de partenariat va permettre de continuer à renforcer l’environnement des affaires pour une mobilisation plus accrue des investissements privés au profit du pays et des populations », affirme Nathalie Kouassi Akon, directrice de Division d’IFC pour le Golfe de Guinée.
Parmi les projets approuvés figure la première phase du programme du barrage multifonctions Dogo-Bis, financée à hauteur de 150 millions de dollars dans le cadre d’un programme global estimé à 580 millions de dollars. Ce projet prépare la construction du premier grand barrage hydroélectrique multifonctions du pays sur le fleuve Ouémé, avec une capacité de production de 128 mégawatts. Il permettra également l’irrigation de 17 500 hectares, la réduction des risques d’inondation de 40 % et la restauration de 14 000 hectares de forêt. Plus de 300 000 personnes devraient bénéficier directement des retombées du programme à travers l’amélioration des infrastructures, l’accès aux services sociaux et à l’électricité.
Le second financement concerne le programme Alafia 1, intitulé « Nourrir le Bénin pour l’avenir ». Doté de 170 millions de dollars, dont 150 millions de l’IDA et 20 millions du Mécanisme de financement mondial pour les femmes, les enfants et les adolescents (GFF), il vise à améliorer l’accès aux services intégrés de nutrition, de santé et de développement de l’enfant. Les femmes, les nouveau-nés, les enfants de moins de cinq ans, les adolescents et les jeunes constituent les principales cibles de cette initiative.
Le programme entend également renforcer la résilience communautaire et promouvoir une alimentation plus nutritive grâce à l’implication des acteurs locaux et au développement de partenariats avec le secteur privé. Le Bénin devient ainsi le premier nouveau pays à rejoindre le partenariat du GFF dans le cadre de sa stratégie « Cap sur 2030 ».
Enfin, l’éligibilité du Bénin à l’Allocation de prévention et de résilience permettra de soutenir la mise en œuvre du Programme de prévention et de résilience (PREP 2024-2029). Les interventions porteront notamment sur la gouvernance locale, la gestion foncière et des ressources naturelles, l’inclusion économique des jeunes et des femmes ainsi que le renforcement de la cohésion sociale dans les zones les plus vulnérables du pays.
Rafiou LAWAL

