Fonction publique : Le ministre Rodrigue Chaou veut lever les obstacles à l’accès des jeunes

Le gouvernement béninois engage une réflexion sur la réorganisation du système de recrutement dans la fonction publique. Réunis à Abomey le 19 octobre 2026, des experts ont été invités à explorer des pistes pour réduire les coûts des concours, simplifier les procédures et rendre l’administration plus attractive pour les jeunes diplômés.
L’accès à la fonction publique pourrait connaître de nouvelles évolutions au Bénin. Le ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances, chargé du Budget et de la Fonction publique, Rodrigue Chaou, porte une réflexion visant à rendre le recrutement dans l’administration plus accessible, moins coûteux et mieux adapté aux besoins de l’État. Une orientation qu’il inscrit dans la dynamique de réformes conduite aux côtés du président de la République, Romuald Wadagni.
« Aucun jeune ne doit renoncer à servir l’État face aux lourdeurs administratives, car l’État a besoin des talents de demain », défend le ministre. Pour lui, la simplification des démarches, la garantie de l’équité et la réduction des coûts constituent des leviers essentiels pour renforcer l’attractivité du service public auprès des jeunes compétences.
Cette ambition a pris forme le lundi 19 octobre 2026 à Abomey, où le ministère a organisé un atelier stratégique consacré à la réorganisation du système de recrutement dans la fonction publique. Les travaux ont réuni des experts du monde du travail et de la gestion des ressources humaines autour des insuffisances du dispositif actuel et des améliorations envisageables.
Au-delà de l’allègement des dépenses supportées par les candidats, l’enjeu est de permettre à l’administration de mieux attirer les profils dont elle a besoin pour se moderniser. Les compétences en intelligence artificielle, en analyse des données, en transition énergétique et en ingénierie de projet figurent notamment parmi les domaines cités par le ministère. L’objectif est de ne plus limiter les recrutements au remplacement des agents partant à la retraite, mais de les inscrire dans une logique de transformation de l’État.
L’atelier, soutenu par la Banque mondiale et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), se déroule du 19 au 22 octobre. Trois axes structurent les réflexions : le cadre stratégique, juridique et institutionnel du recrutement ; la transformation numérique et l’innovation ; puis le financement, la conduite du changement et l’élaboration d’une feuille de route. Les participants sont appelés à formuler des propositions concrètes pour bâtir un système fondé sur le mérite, l’équité et la performance. La réforme envisagée devra également répondre à un défi de gestion publique : anticiper les besoins en personnel plutôt que de procéder aux recrutements sans une planification suffisamment adaptée aux évolutions des métiers. Les conclusions de l’atelier sont ainsi attendues pour orienter les prochaines décisions du gouvernement. À ce stade, les modalités précises du futur dispositif et son calendrier de mise en œuvre restent à définir. Pour Rodrigue Chaou, l’ambition est de faire de la fonction publique un débouché professionnel accessible aux jeunes, sans sacrifier les exigences de compétence et de transparence. La réussite de ce chantier se mesurera donc à sa traduction en mesures effectives : des démarches allégées, des coûts maîtrisés et une sélection équitable des candidats. Autant de conditions pour permettre à l’État de mobiliser les talents dont il a besoin pour se moderniser.
N.C
