Commerce intra-régional : Cedeao : Un troisième Groupe de travail pour accélérer la libre circulation

Réunie à Cotonou depuis le jeudi 5 novembre 2026, la troisième équipe de travail sur le Schéma de libéralisation des échanges (SLE) de la CEDEAO est appelée à proposer des réponses opérationnelles aux difficultés qui persistent aux frontières ouest-africaines. Une initiative qui s’inscrit dans le cadre du mandat confié au président béninois Romuald Wadagni, champion de la libre circulation des personnes et des biens au sein de l’organisation.
En Afrique de l’ouest, formalités administratives, contraintes réglementaires et tracasseries routières compliquent encore l’acheminement des marchandises entre les États membres. C’est face à ces difficultés que la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a lancé, jeudi 5 novembre 2026 à Cotonou, les activités du troisième groupe de travail sur le Schéma de libéralisation des échanges (SLE). Cette nouvelle équipe est chargée de renforcer l’application du dispositif communautaire et de proposer des mesures susceptibles de fluidifier le commerce intra-régional. Mis en place pour superviser, accélérer et suivre l’exécution du SLE, le groupe prend la relève de deux précédentes équipes, dont les mandats ont couvert respectivement les périodes 2016-2021 et 2021-2025. Le mécanisme prévoit un traitement préférentiel pour les produits originaires éligibles des États membres, notamment à travers l’élimination des droits de douane et des taxes d’effet équivalent. Dans son adresse d’accueil, le représentant résident de la CEDEAO au Bénin, Siaka Cissoko, a rappelé la mission assignée à cette nouvelle équipe. « Le troisième groupe, dont les travaux débutent aujourd’hui, est chargé de poursuivre la mission qui vise à renforcer la mise en œuvre du chemin et contribuer à l’élimination des obstacles persistants à la libre circulation des marchandises au sein de la communauté », a-t-il indiqué.
La rencontre de Cotonou doit notamment permettre aux membres d’examiner leur mandat, de préciser leurs responsabilités, d’évaluer le cadre juridique et institutionnel du SLE et de dégager des pistes d’amélioration de son application. Pour le président de la Commission de la CEDEAO, Birame Diop, l’intégration régionale ne saurait rester cantonnée aux textes et aux engagements des États. « L’intégration régionale ne saurait résulter des seuls accords. Elle doit être vécue par les populations et les entreprises que ces accords sont censés servir », a-t-il déclaré. Il a, par ailleurs, relevé les difficultés administratives et réglementaires auxquelles demeurent confrontés les opérateurs économiques, malgré les avancées institutionnelles enregistrées.
Des engagements à traduire en résultats
Au-delà du diagnostic, la troisième équipe est appelée à inscrire son action dans une logique de résultats. Les orientations présentées prévoient notamment l’élaboration d’une stratégie de travail, la définition d’un plan d’action couvrant les 100 premiers jours et la première année d’activités, ainsi que l’amélioration du suivi des dossiers et de l’exécution des recommandations. Le ministre béninois de l’Économie et des Finances, chargé de la Coopération, Aristide Mèdénou, a, pour sa part, illustré les attentes des opérateurs économiques à travers des situations concrètes de transport et de commercialisation. « Un camion chargé de marchandises qui prend le départ de Lagos pour se rendre à Abidjan devrait pouvoir le faire sans subir des tracasseries aux frontières. Une entreprise industrielle qui produit au Bénin et qui souhaite vendre ses produits au Nigéria devrait pouvoir le faire librement », a-t-il expliqué.
Il a toutefois reconnu le décalage entre les dispositions communautaires et leur application effective : « nos textes sont bien pensés, bien rédigés, mais dans la mise en œuvre, il y a d’énormes défis ». Il a ainsi invité les membres du groupe à formuler des propositions concrètes, tout en assurant que le Bénin resterait attentif aux conclusions de leurs travaux.
Romuald Wadagni au cœur de la dynamique communautaire
L’accueil de cette réunion à Cotonou prend également une dimension particulière avec la désignation du président béninois Romuald Wadagni comme champion de la libre circulation des personnes et des biens au sein de la CEDEAO. Cette responsabilité place le Bénin dans la dynamique de promotion de l’intégration régionale et de facilitation des échanges entre les États membres. Pour la troisième équipe de travail, l’enjeu consiste désormais à faire converger les engagements politiques, les instruments juridiques et les pratiques administratives. La fluidité des échanges communautaires se mesurera notamment à la capacité des marchandises à circuler sans entraves injustifiées et des entreprises à accéder plus facilement aux marchés de la sous-région.
Sylvestre TCHOMAKOU