Prix d’excellence « Droit – Justice – Paix » de la Cour suprême : Christophe Agodji sacré lauréat de l’édition 2026
(Entre consécration et ambition juridique)

La cinquième édition du Prix d’excellence « Droit – Justice – Paix », dédiée à la mémoire du Professeur Noël Gbaguidi, consacre le juriste Christophe Agodji. Sacré premier lauréat le 21 octobre 2026, il s’est distingué par une réflexion sur les effets du pourvoi en cassation en matière foncière. Une distinction qui récompense son engagement intellectuel et ouvre de nouvelles perspectives à ses ambitions de recherche.
Une ambition mûrie depuis plusieurs années vient de se concrétiser pour le juriste Christophe Agodji. Le 21 octobre 2026, à l’issue des délibérations du jury de la cinquième édition du Prix d’excellence « Droit – Justice – Paix » de la Cour suprême du Bénin, il a été désigné premier lauréat de cette compétition scientifique dédiée à la mémoire du Professeur Noël Gbaguidi. Une consécration qui vient distinguer la pertinence de sa réflexion juridique, mais également son intérêt pour les enjeux liés à la protection des droits des justiciables.
Pour convaincre le jury, Christophe Agodji a choisi de se pencher sur une problématique aussi technique que sensible dans le paysage judiciaire béninois : le pourvoi en cassation en matière foncière doit-il suspendre l’exécution de la décision attaquée ? Un sujet qui touche directement à la sécurité juridique et à la préservation des droits des parties dans les litiges fonciers. Le lauréat met notamment en évidence les conséquences parfois irréversibles de l’exécution d’une décision avant que la haute juridiction ne se prononce.
« En matière foncière, le temps n’est jamais neutre. Entre une décision d’appel et l’arrêt de la Cour suprême, des mois s’écoulent, parfois davantage. Pendant ce temps, la décision attaquée peut être exécutée. La parcelle peut alors changer de mains, être occupée ou faire l’objet de constructions. Si la cassation intervient ensuite, revenir en arrière devient très difficile, parfois impossible », explique-t-il pour souligner toute la portée de cette question.
Au-delà de la distinction, cette victoire revêt une dimension particulièrement symbolique pour le jeune juriste. Elle représente l’aboutissement d’un rêve nourri à la faveur des éditions précédentes du concours. Il se souvient notamment de la proclamation des résultats de la troisième édition, remportée par le magistrat Gani Romuald Irotori, qui avait suscité en lui une profonde admiration et fait naître une ambition : prendre part à cette compétition et en sortir vainqueur.
« J’avais suivi la proclamation des résultats de la troisième édition, remportée par le magistrat Gani Romuald Irotori, j’avais été profondément admiratif. Je m’étais alors fait la promesse de participer un jour à ce concours et le remporter », confie Christophe Agodji. Deux ans après cette inspiration, le voilà lui-même inscrit au palmarès de cette distinction.
Il rejoint ainsi un cercle de lauréats qui se sont illustrés au fil des éditions, notamment le Professeur Césaire Foed Kpenonhoun (2020), Me Astrid Deguenon (2023), le magistrat Gani Romuald Irotori (2024) et l’avocat Rodrigue Coffi Doria Davakan (2025). Cette succession de profils issus du monde juridique témoigne de la vocation du prix à encourager la réflexion scientifique et à valoriser les contributions intellectuelles au service du droit et de la justice au Bénin. Pour Christophe Agodji, cette reconnaissance est certes un honneur, mais elle constitue surtout une responsabilité et une invitation à aller plus loin. Il a tenu à exprimer sa gratitude à la Cour suprême du Bénin et à son président, Me Victor Dassi Adossou, pour leur engagement en faveur du rapprochement entre la haute juridiction et le monde de la recherche. Ses remerciements sont également allés aux membres du jury, présidé par le doyen Gilbert Comlan Ahouandjinou, pour la qualité et la rigueur de leurs échanges. Loin de considérer cette distinction comme un aboutissement, le lauréat entend en faire un levier pour poursuivre son parcours intellectuel et scientifique. « Cette distinction m’encourage aujourd’hui à poursuivre mes recherches, avec l’espoir qu’elles contribuent, à leur mesure, à une meilleure protection des droits des justiciables », assure-t-il. Par cette consécration, Christophe Agodji confirme son intérêt pour les grandes questions juridiques et son ambition de mettre la recherche au service d’une justice plus protectrice des citoyens. Une première place qui récompense un travail de réflexion, mais aussi une détermination : celle de faire du droit un instrument concret de sécurisation des droits et de consolidation de l’État de droit.
Oslo Chester WANOU
