Gestion des infrastructures hydrauliques : Lokossa et Athiémé : l’eau potable sous surveillance environnementale

Le projet de renforcement de l’alimentation en eau potable dans le Mono entre dans une nouvelle phase : celle du suivi environnemental et social. Financé par la BOAD, ce programme intègre un dispositif de gouvernance écologique pour allier efficacité technique et responsabilité publique.
Les villes de Lokossa et d’Athiémé ne sont plus seulement au cœur d’un chantier hydraulique. Elles deviennent les premiers laboratoires d’une nouvelle approche de gestion publique, où les investissements dans l’eau potable se conjuguent désormais avec rigueur écologique et transparence sociale. Dans un contexte de forte croissance démographique et de pression accrue sur les ressources naturelles, l’État béninois affine ses méthodes : construire, oui, mais construire durablement. Le projet d’alimentation en eau potable, porté par la Société Nationale des Eaux du Bénin (SONEB) et financé grâce à un prêt signé avec la Banque Ouest Africaine de Développement le 23 octobre 2024, ambitionne de fournir une eau de qualité aux populations urbaines et périurbaines. Mais il s’agit également d’éviter que les infrastructures ne se fassent au détriment des écosystèmes et des communautés.
Un cadre de suivi intégré pour une gouvernance responsable
L’une des innovations majeures du programme réside dans la mise en place d’un plan cadre de suivi environnemental et social, document stratégique chargé d’identifier les risques, de proposer des mesures d’atténuation et de mesurer les effets du projet sur la durée. Ce cadre sera mis en œuvre sous la supervision d’un ingénieur environnemental chevronné, avec un budget contractuel de 72 millions de FCFA. À cela s’ajoute un mécanisme de gestion des plaintes, conçu pour garantir un dialogue continu entre les populations riveraines, les travailleurs et les parties prenantes. Ce mécanisme donne à chacun la possibilité d’exprimer ses préoccupations et d’obtenir des réponses structurées, contribuant ainsi à renforcer la redevabilité du projet.
Transparence, audits et rigueur sur les chantiers
Des rapports trimestriels, élaborés en concertation avec les acteurs locaux, viendront documenter l’avancée du projet et l’application des normes environnementales. Deux audits indépendants seront également réalisés pour évaluer la conformité des pratiques mises en œuvre, et ajuster les mesures si nécessaire. La supervision des chantiers intègre par ailleurs une dimension HSE (Hygiène, Sécurité, Environnement) systématique. Les équipes techniques seront formées à ces exigences dès la phase de planification, et un registre de doléances permettra de suivre en temps réel les incidents et les corrections apportées.
Une vision publique tournée vers 2030
Derrière ce projet, c’est une vision plus large que défend le gouvernement béninois : celle d’un accès universel à l’eau potable d’ici 2030, qui ne sacrifie ni la durabilité des ressources naturelles ni l’inclusion sociale. L’initiative de Lokossa et d’Athiémé s’inscrit dans cette trajectoire, en intégrant pleinement les exigences environnementales à la conduite des politiques publiques. Ce changement de paradigme replace la question environnementale au cœur de l’action publique. Il ne s’agit plus simplement de répondre à la demande en eau, mais de le faire de manière responsable, durable et participative. Dans le Mono, cette ambition prend racine dans les réalités locales, tout en s’alignant sur les standards internationaux de gouvernance.
R.L
