Société

Protection des migrants/Projet OUESTAF : WiLDAF engage une réflexion collective sur les dispositifs existants au Bénin

Le Réseau WiLDAF-FEDDAF Bénin a organisé, le vendredi 10 avril 2026, à l’Hôtel Djêgba de Ouidah, une séance de concertation réunissant les acteurs étatiques, la société civile et les Partenaires techniques et financiers. Cette rencontre vise à évaluer et à améliorer les mécanismes de protection des migrants et migrantes dans le cadre du projet OUESTAF, contracté par l’ICMPD et financé par l’Union européenne.

Face à des flux migratoires marqués par une forte mobilité en Afrique de l’Ouest, facilitée notamment par les protocoles de la CEDEAO, les migrants et migrantes restent confrontés à de nombreux défis : manque d’information fiable, barrières linguistiques, difficultés d’accès aux services sociaux de base. Autant de facteurs qui exposent particulièrement les femmes, les jeunes filles et les enfants à des risques accrus d’exploitation, de violences et de violations de leurs droits fondamentaux. Pays à la fois de transit et de destination, le Bénin se trouve au cœur de ces enjeux. Malgré les efforts conjoints des institutions publiques, des Organisations de la société civile et des Partenaires techniques et financiers, les réponses demeurent encore insuffisamment coordonnées, ce qui limite l’efficacité des dispositifs de prise en charge.

C’est dans ce contexte que cette séance de concertation a permis de présenter les résultats d’un diagnostic participatif sur l’état des lieux des mécanismes existants. L’objectif était de partager ces analyses avec les parties prenantes, de les confronter aux réalités du terrain et de recueillir des contributions en vue de leur amélioration. Les échanges ont notamment porté sur l’identification des insuffisances, la formulation de recommandations concrètes et la mise en place d’une Procédure opérationnelle standard (POS) pour renforcer la coordination entre les acteurs. A l’ouverture des travaux, la Coordonnatrice nationale de WiLDAF-Bénin, Ahouéfa Françoise SOSSOU AGBAHOLOU, a salué la mobilisation des participants et réaffirmé l’engagement de son organisation pour une gestion plus humaine et coordonnée des questions migratoires. Insistant sur l’importance d’une approche globale et centrée sur les droits humains, elle a mis en avant le rôle déterminant de la société civile dans la protection et l’accompagnement des migrants et migrantes. Elle a également souligné que cette rencontre constitue une étape clé vers la mise en place d’un mécanisme renforcé de coordination et de procédures opérationnelles adaptées aux réalités nationales.

Intervenant à son tour, le Directeur par intérim pays de WeWorld, Fabio Checcacci, a mis l’accent sur la dimension régionale du projet. Déployé dans plusieurs pays de la sous-région, notamment au Mali, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Togo, le projet OUESTAF favorise le partage d’expériences et de bonnes pratiques. Il a également souligné l’importance du plaidoyer, mené aussi bien au niveau national que régional, avec des perspectives d’actions à l’échelle continentale, notamment auprès de l’Union africaine.

De son côté, la chargée de programme de la délégation, Delphine Marié, a rappelé le caractère multidimensionnel du projet, articulé autour de la recherche, de la concertation, du plaidoyer et des campagnes d’information communautaire. Elle a insisté sur la nécessité de capitaliser les expériences entre pays afin d’adapter les meilleures approches aux contextes locaux. Saluant la tenue de cette rencontre, elle a exprimé le souhait de voir les participants repartir avec des idées enrichies, des pistes d’action concrètes et une meilleure compréhension des mécanismes à renforcer pour une protection efficace des migrant-e-s.

Réunissant une vingtaine d’acteurs issus des structures étatiques, des Organisations de la société civile, des Partenaires techniques et financiers et des communautés, l’atelier s’est déroulé selon une approche participative combinant présentations, discussions en plénière et travaux de groupe. Au terme des travaux, plusieurs résultats sont attendus, notamment une validation des constats, la collecte de contributions pertinentes et la formulation de recommandations concrètes pour améliorer la prise en charge des migrants et migrantes. Cette initiative marque ainsi une étape importante vers la mise en place d’un dispositif national plus coordonné, inclusif et respectueux des droits humains en matière de gestion migratoire au Bénin.

A.T

 

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