3ᵉ cycle d’évaluation mutuelle de lutte contre le blanchiment de capitaux : La CENTIF Bénin outille les acteurs du secteur de la microfinance

Engagée dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif Bénin) a outillé à Cotonou ce lundi 04 mai 2026, les responsables de haut niveau du secteur de la microfinance sur le dispositif national et international de prévention des flux financiers illicites.
Renforcer durablement la conformité des institutions de microfinance, prévenir les risques de sanctions et consolider la crédibilité face aux exigences accrues du dispositif national et international de prévention des flux financiers illicites. C’est le but de cette série de quatre formations que la CENTIF Bénin a initié l’endroit des assujettis de la loi sur le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Ce renforcement des capacités des responsables conformité du secteur de la microfinance s’inscrit également dans le cadre de la préparation du Bénin au 3ᵉ cycle d’évaluation mutuelle et de la consolidation de la sécurité du secteur financier. Noter que le Bénin a réalisé des progrès notables lors des dernières évaluations nationales et mutuelles en matière de Lutte contre le Blanchiment de Capitaux, le Financement du Terrorisme et celui de la Prolifération des armes de destruction massive (Lbc/Ft/Fp). C’est pourquoi la CENTIF s’engage activement dans la préparation du troisième cycle d’évaluation mutuelle, prévu à l’horizon 2028. La sensibilisation des acteurs s’inscrit également dans le cadre du projet SecFin, dédié à la lutte contre les flux financiers illicites.
La CENTIF Bénin et l’Apsfd-Bénin pour la lutte contre les flux illicites dans la microfinance
A l’occasion du lancement des travaux de sensibilisation, le Directeur général de l’Apsfd-Bénin, Ignace Dovi, a salué l’engagement constant des autorités publiques en faveur du développement et de la structuration du secteur de la microfinance. Il a, au nom des Institutions de microfinance (Imf), réaffirmé leur détermination à se conformer rigoureusement aux exigences réglementaires en vigueur.
A sa suite, Wilfried Houédokou, Secrétaire général de la Centif Bénin a, au nom du Président de la Centif, a évoqué le rôle stratégique du secteur de la microfinance dans le dispositif national de lutte contre les flux financiers illicites. Tout en reconnaissant sa contribution essentielle à l’inclusion financière, il a insisté sur la nécessité d’une vigilance accrue et d’une application stricte des mesures de prévention. Il a également rappelé que les secteurs disposent d’un délai de 18 mois pour corriger les vulnérabilités identifiées avant l’évaluation mutuelle.
Avant de lancer les travaux, le Directeur général de l’Agence nationale de surveillance des systèmes financiers décentralisés (Anssfd), Philippe Dahoui a fait savoir que cette initiative intervient dans un contexte particulier, marqué par la mise en conformité du secteur avec la loi n°2025-14 du 2 juillet 2025 portant réglementation de la microfinance. Il a précisé que la désignation des responsables conformité ne saurait se limiter à une exigence formelle. Ceux-ci doivent être dotés de dispositifs complets, efficaces et adaptés, leur permettant d’assurer pleinement leurs missions. Le patron du régulateur du secteur de la microfinance a également annoncé une évolution du mode de supervision, désormais orienté vers un contrôle plus rigoureux, l’accompagnement laissant progressivement place à une exigence accrue de résultats. À cet effet, l’Agence nationale a renforcé ses capacités internes, notamment à travers la formation de ses superviseurs à la détection des insuffisances a ajouté le DG de l’ANSSFD.
Par ailleurs, la réglementation en vigueur impose aux institutions de microfinance d’allouer des ressources adéquates à la fonction conformité aux obligations de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Les rôles et responsabilités des différentes parties prenantes ont été clairement rappelés au cours des travaux.
Il faut signaler que les participants ont été outillés par des experts de haut niveau. Il s’agit : de Mariette Fadikpe, experte en prévention pour l’Afrique de l’Ouest au sein de SecFin Africa ; Josué Toho, consultant spécialisé en inclusion financière, supervision bancaire et Lbc/Ft/Fp ; Benoît Djossou, expert-comptable, spécialiste de la Lbc/Ft/Fp et responsable conformité à l’Anssfd. Ils ont été appuyés par les cadres de la CENTIF Bénin. A travers cette sensibilisation la Centif réaffirme sa détermination pour la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
F.V