Economie

Ministère de l’économie-Développement   : Bio Tchané passe le relais à Aristide Mèdénou

Le 26 mai 2026, Abdoulaye Bio Tchané a transmis les charges du ministère du Développement, désormais intégré à celui de l’Économie et des Finances, à Aristide Mèdénou, dans le cadre de la mise en place du premier gouvernement de Romuald Wadagni.

Au Bénin, la recomposition de l’appareil gouvernemental sous l’ère Wadagni s’accompagne d’une redéfinition des priorités économiques. La fusion du ministère du Développement avec celui de l’Économie et des Finances traduit une volonté d’aligner davantage la planification stratégique et la gestion budgétaire. La cérémonie de passation de charges, tenue le 26 mai 2026 à Cotonou, a marqué la transmission des responsabilités entre Abdoulaye Bio Tchané et Aristide Mèdénou. Après un entretien en tête-à-tête, les deux personnalités ont procédé à la signature des documents officiels et à l’échange des parapheurs, actant ainsi le transfert de compétences.

 

Prenant la parole, Bio Tchané a dressé le bilan de dix années passées à la tête du ministère du Développement, mettant en avant une approche fondée sur la rigueur et la continuité de l’action publique. « C’est avec une certaine émotion que je prends la parole en ce moment, mais aussi avec beaucoup de sérénité au terme de ces dix dernières années que je viens de terminer au ministère en charge du Développement », a-t-il déclaré.

Revenant sur les acquis, il a souligné l’importance des orientations stratégiques impulsées au cours de la période précédente. « les réformes, les stratégies et les politiques élaborées ou validées ici n’auraient eu ni la cohérence, ni la même cohérence, ni produit les mêmes effets que nous connaissons et que nous saluons aujourd’hui ».

Au moment de passer le relais, l’ancien responsable a insisté sur la spécificité du portefeuille du Développement, centré sur la prospective et l’évaluation des politiques publiques. « Il ne construit pas des routes, il ne construit pas des infrastructures, il ne construit rien de véritablement visible. Mais il construit quelque chose d’encore plus fondamental, c’est la capacité de l’État à penser l’avenir. (…) Un État qui n’évalue pas répète indéfiniment ses erreurs. La prospective, la planification et l’évaluation constituent donc l’ossature silencieuse, mais indispensable de toute politique publique efficace. Leur intégration au ministère de l’Économie et des Finances renforcera, j’en suis convaincu, leur impact et leur cohérence car le développement et la gestion économique possèdent une même exigence ».

Parmi les dossiers transmis figurent des instruments de planification structurants pour le pays. «… la vision ‘’Bénin 2060 Alafia, un monde de splendeur’’, désormais élevée au rang de loi de la République, est née ici même. Nous vous transmettons également le Plan National Développement 2026-2035, prêt à entrer en mise en œuvre. En matière d’évaluation et de suivi des Objectifs de Développement Durable, le Bénin a également affirmé sa crédibilité sur la scène internationale, notamment avec la première émission d’un Eurobond ODD africain. Tout cela constitue un acquis précieux qu’il faudra préserver, renforcer et moderniser ».

En réponse, Aristide Mèdénou a esquissé les axes de son action à la tête du ministère unifié. Après avoir exprimé sa reconnaissance pour la confiance accordée, il a insisté sur la continuité et l’adaptation des politiques économiques. « Premièrement, maintenir la discipline budgétaire et un cadre macroéconomique sain. Deuxièmement, c’est de faire en sorte, comme l’a clamé le président de la République, que la croissance que nous créons et que nous allons continuer à créer se ressente dans les poches, dans la vie quotidienne de nos concitoyens, notamment les plus vulnérables, les extrêmes pauvres. Et troisièmement, c’est de travailler aujourd’hui pour que demain le Bénin compte encore plus dans le concert des nations ».

Le nouveau responsable a également appelé à une dynamique collective au sein de l’administration. « Ensemble, nous serons capables d’aller plus loin », a-t-il affirmé, mettant en avant la nécessité d’un travail coordonné pour atteindre les objectifs fixés.

Cette passation de charges s’inscrit dans une séquence plus large de renouvellement de l’équipe gouvernementale, engagée après l’installation du nouveau chef de l’État. Elle ouvre une phase marquée par la recherche de cohérence entre stratégie de développement et pilotage économique.

Rafiou Lawal 

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