Commune

Effondrement d’un pont à Sinaou entre Péhunco et Sinendé: les 2KP coupés du reste du Borgou

(L'enclavement du nord-ouest béninois éclate au grand jour)

L’alerte tant redoutée est devenue réalité. Un pont stratégique situé entre les communes de Sinendé et de Péhunco a cédé, provoquant une rupture de circulation aux conséquences considérables pour les populations du nord du Bénin. La situation est telle que l’accès au département du Borgou se retrouve fortement perturbé, obligeant désormais les usagers à emprunter de longs détours à travers Kérou, Banikoara et Kandi avant de redescendre vers leur destination.

« Un de nos ouvrages a cédé. Ce pont de Sinaou est situé entre Tobré (commune de Péhunco) et Fo-Bouré (commune de Sinendé) », a confié le maire de Péhunco, Koto OROU MARE, visiblement préoccupé par la gravité de la situation. Selon l’autorité communale, cet axe constituait actuellement l’unique voie praticable reliant directement Péhunco à Sinendé et, par conséquent, au Borgou.

L’effondrement de cette infrastructure met en lumière les difficultés récurrentes auxquelles sont confrontées les populations de cette partie du pays. Depuis plusieurs années, élus locaux et usagers ne cessent de tirer la sonnette d’alarme sur l’état de dégradation avancée des routes de la région. En vain.

« Nous avons longtemps alerté. Ça ne va pas. Mais c’est arrivé », déplore le maire. Une démarche qui semble avoir trouvé un écho puisque le ministre actuellement en fonction a déjà dépêché une mission technique sur les lieux afin de constater l’ampleur des dégâts.

Au-delà de l’urgence liée à la réhabilitation du pont, cette nouvelle crise relance avec acuité le débat sur le désenclavement durable de Péhunco et des localités environnantes. Pour Koto OROU MARE, il ne s’agit plus de procéder à des réparations ponctuelles, mais d’engager enfin le bitumage des principaux axes routiers de la zone.

« La nécessité aujourd’hui, c’est de tout faire pour que cet axe soit bitumé. Péhunco-Forbouré, c’est environ 45 kilomètres, et Péhunco-Kouandé, 37 kilomètres », insiste-t-il.

Cette catastrophe infrastructurelle vient rappeler une réalité souvent ignorée : l’enclavement demeure l’un des principaux freins au développement de plusieurs communes du nord-ouest béninois. Les difficultés de mobilité affectent non seulement les populations, mais également les échanges commerciaux, l’accès aux services sociaux de base et les activités économiques.

Alors que les usagers subissent déjà les conséquences de cette coupure, les regards sont désormais tournés vers les autorités compétentes. Pour les habitants de Péhunco, l’heure n’est plus aux constats, mais aux actes. Car l’effondrement de ce pont apparaît comme le symptôme d’un problème plus profond : celui d’infrastructures routières insuffisantes et vulnérables face aux aléas climatiques et au temps.

Une chose est certaine : tant que les axes structurants de la région ne seront pas modernisés, le spectre de l’isolement continuera de planer sur cette partie du territoire national.

Chester WANOU

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