CONJONCTURE ÉCONOMIQUE DANS L’UEMOA : La production vivrière atteint 13,4 millions de tonnes en 2025-2026 au Bénin
(Les productions agricoles en hausse, les recettes budgétaires progressent au deuxième trimestre 2026)

Selon la Note de conjoncture économique régionale n° 72 de la Commission de l’UEMOA, publiée en octobre 2026, le Bénin enregistre des résultats encourageants dans le secteur agricole, avec une progression attendue des productions vivrières et des cultures d’exportation. Les recettes budgétaires connaissent également une hausse, tandis que les exportations affichent un recul au deuxième trimestre 2026.
Le secteur agricole béninois confirme son poids dans la dynamique économique nationale. D’après les données de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), les prévisions de la campagne agricole 2025-2026 font état d’une production vivrière de 13,4 millions de tonnes, soit une hausse de 6,1 % par rapport à la campagne précédente. Cette évolution est notamment portée par les performances du mil et du maïs. Dans sa note de conjoncture économique régionale consacrée au deuxième trimestre 2026, la Commission souligne que la production de mil devrait progresser de 88,1 %, tandis que celle du maïs augmenterait de 16,4 %. Ces résultats traduisent une évolution favorable de plusieurs spéculations vivrières, essentielles à l’approvisionnement des marchés et à la sécurité alimentaire.
Des cultures d’exportation en progression
Au-delà des produits vivriers, les cultures d’exportation devraient également enregistrer une évolution positive. Leur production est estimée à 2,8 millions de tonnes, en hausse de 6,2 % sur un an. Cette performance intervient malgré un recul de 3,7 % de la production de coton, filière pour laquelle le Bénin a occupé ces dernières années une place de premier plan dans la sous-région. La filière du palmier à huile affiche, pour sa part, des résultats remarquables. En 2025, sa production a dépassé 1,029 million de tonnes, avec une progression de 11,9 % par rapport à la campagne précédente. Les rendements sont estimés à 7,7 tonnes à l’hectare. Les productions horticoles, notamment l’orange, l’ananas et la mangue, ont également connu une amélioration au cours de la même année. Ces performances agricoles constituent un élément important de la conjoncture nationale, dans un contexte régional où les résultats de la campagne 2025-2026 ont globalement été favorables.
Des recettes budgétaires en hausse
Sur le plan des finances publiques, les données de la Commission de l’UEMOA font ressortir une progression des recettes budgétaires du Bénin au deuxième trimestre 2026. Celles-ci se sont établies à 613,5 milliards de FCFA, contre 579,5 milliards de FCFA à la même période de 2025, soit une augmentation de 5,9 %. Les recettes fiscales ont atteint 539,2 milliards de FCFA, contre 491,6 milliards un an plus tôt, correspondant à une hausse de 9,7 %. Les recettes non fiscales ont, quant à elles, progressé de 3,7 %, pour s’établir à 65,6 milliards de FCFA. Ces chiffres témoignent d’une amélioration de la mobilisation des ressources publiques sur la période considérée. Ils s’inscrivent dans une tendance régionale marquée par une progression des recettes budgétaires, principalement portée par les performances du recouvrement fiscal.
Un recul des exportations au deuxième trimestre
Le commerce extérieur présente toutefois une évolution moins favorable sur une base trimestrielle. Selon la note, les exportations de l’UEMOA ont diminué de 6,4 % entre le premier et le deuxième trimestre 2026. Le Bénin figure parmi les pays ayant contribué à ce repli, avec une baisse de 18,4 % de ses exportations sur la période. Cette évolution trimestrielle doit être distinguée de la tendance annuelle régionale : à l’échelle de l’Union, les exportations restent en hausse de 25,2 % par rapport au deuxième trimestre 2025. Les trajectoires varient donc selon les pays et les périodes de comparaison.
S’agissant des prix à la consommation, les perspectives présentées dans le document indiquent que le taux d’inflation moyen au Bénin devrait s’établir à 0,1 % en 2026. Cette prévision a été revue à la baisse de 0,5 point de pourcentage par rapport à l’estimation initiale. À l’échelle de l’UEMOA, l’inflation moyenne est attendue à 1,2 % en 2026, un niveau inférieur à la norme communautaire de 3 %. Cette évolution demeure néanmoins exposée aux incertitudes économiques internationales, notamment à la hausse des prix de l’énergie et aux tensions géopolitiques susceptibles d’affecter les coûts de production et de transport. Au total, les données de la Commission de l’UEMOA mettent en évidence plusieurs signaux favorables pour l’économie béninoise, notamment dans l’agriculture et la mobilisation des recettes publiques. Le recul trimestriel des exportations constitue cependant un indicateur à suivre, au regard des enjeux liés à la compétitivité et au développement des échanges extérieurs du pays.
Rafiou LAWAL