Environnement

Eau potable en milieu rural :Les recettes d’affermage de l’ANAEPMR progressent de 15,57 %

Le développement de l’accès à l’eau potable en milieu rural s’accompagne d’une progression des revenus tirés de l’affermage. En 2025, les recettes enregistrées par l’Agence Nationale d’Approvisionnement en Eau Potable en Milieu Rural (ANAEPMR) ont atteint 271,11 millions de FCFA, contre 234,58 millions un an plus tôt. Le rapport d’audit des comptes confirme par ailleurs la régularité des états financiers, tout en appelant à renforcer la traçabilité des volumes d’eau vendus et le contrôle des opérateurs privés.

L’extension du patrimoine hydraulique public modifie progressivement l’échelle d’intervention de l’ANAEPMR. À fin 2025, le total du bilan de l’agence s’établit à 155,55 milliards de FCFA, soit une progression de 28,2 milliards sur un an. Depuis sa création en 2017, l’agence indique avoir mobilisé 159 milliards de FCFA de ressources, dont 20,85 milliards au titre du seul exercice 2025. Ces financements, soutenus notamment par l’État et plusieurs partenaires techniques et financiers, ont permis de développer et de réhabiliter des adductions d’eau villageoises et des systèmes d’approvisionnement en eau potable multi-villages. Ces infrastructures sont ensuite confiées à des opérateurs privés dans le cadre de contrats d’affermage.

Signés en avril 2022, les contrats conclus avec Omilayé et SBA des Eaux couvrent dix départements et portent sur l’exploitation de 610 adductions d’eau villageoises et 25 systèmes multi-villages. En contrepartie de l’exploitation du service, les fermiers reversent une redevance à l’ANAEPMR calculée sur la base des ventes d’eau. Sur cette base, les recettes d’affermage sont passées de 234,58 millions de FCFA en 2024 à 271,11 millions en 2025, soit 36,53 millions de FCFA supplémentaires.

Une performance financière qui appelle davantage de traçabilité

La progression des recettes ne clôt toutefois pas le débat sur la qualité du suivi des affermages. D’après le média lamarina.bj, le commissaire aux comptes relève qu’il n’a pas obtenu, pour les exercices 2023, 2024 et 2025, le détail des volumes d’eau effectivement vendus en quantité et en valeur par les fermiers. Les informations disponibles correspondent aux montants déclarés comme encaissés par la Caisse des Dépôts et Consignations du Bénin. Cette situation ne remet pas en cause le montant des recettes comptabilisées, mais limite la possibilité de relier précisément leur évolution aux volumes effectivement commercialisés. Une distinction qui compte dans un modèle où la redevance est directement liée aux ventes d’eau.

L’audit recommande ainsi la mise en place d’un contrôle mensuel indépendant permettant de confronter les déclarations des exploitants aux volumes réellement distribués. D’autres recommandations portent sur les assurances contractuelles, l’inventaire contradictoire du patrimoine et le suivi des biens de retour. Sur le plan opérationnel, plusieurs dossiers ont toutefois connu des avancées. Soixante Postes d’Eau Autonomes du projet PEPEC 2 ont notamment été transférés aux fermiers en 2025, permettant de régulariser leur situation contractuelle.

 

Des points de gouvernance encore à corriger

 

Le rapport relève également des difficultés dans le fonctionnement du Conseil d’Administration. Celui-ci n’a pas tenu de session réglementaire en 2023 et 2024, en raison de l’indisponibilité de son président. Cette situation a affecté le processus formel d’approbation des comptes annuels. Malgré ces observations, le cabinet ExCCA a certifié les comptes de l’ANAEPMR sans réserve, la seule réserve formelle concernant la transition comptable vers le SYCEBNL, suspendue conformément aux dispositions applicables.

Le bilan de 2025 présente donc deux réalités complémentaires : une progression mesurable des recettes et des investissements, mais aussi la nécessité de renforcer les instruments permettant d’en vérifier précisément la formation. Pour l’ANAEPMR, l’enjeu des prochains exercices sera de faire correspondre l’expansion du service à un dispositif de contrôle suffisamment robuste pour assurer la traçabilité des revenus et la bonne gestion du patrimoine hydraulique.

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