Neurochirurgie : 1,337 milliard FCFA pour équiper le CNHU et le CHUD Borgou

Le renforcement de l’offre de soins spécialisés se poursuit au Bénin. L’Agence nationale de la Maintenance hospitalière (ANMH) envisage de consacrer 1,337 milliard de francs CFA de ressources propres à un programme destiné à moderniser les capacités neurochirurgicales du CNHU-HKM de Cotonou et du CHUD-B à Parakou.
La prise en charge des pathologies neurologiques lourdes dépend autant de la compétence des spécialistes que de la disponibilité d’un plateau technique adapté. C’est sur ce second volet que l’Agence nationale de la Maintenance hospitalière entend agir avec un programme d’investissement de 1,337 milliard de francs CFA, destiné à renforcer les capacités de deux pôles hospitaliers universitaires du Bénin. Le Centre National Hospitalier et Universitaire Hubert Koutoukou Maga de Cotonou et le Centre Hospitalier Universitaire Départemental du Borgou à Parakou sont concernés par cette opération. Le choix de ces deux établissements répond notamment à la volonté d’élargir l’accès aux soins spécialisés au-delà de la capitale économique et de mieux répartir les capacités médicales de référence sur le territoire.
Selon les informations recueillies, le programme repose sur une intervention à plusieurs niveaux. Le premier porte sur la modernisation des blocs opératoires à travers la fourniture et l’installation d’équipements médico-techniques adaptés aux interventions neurochirurgicales. Le deuxième volet concerne l’imagerie médicale. Des équipements et matériels de nouvelle génération devraient permettre d’améliorer les capacités de diagnostic et de préparation des interventions. Le troisième axe porte sur le renouvellement de l’instrumentation spécialisée utilisée pour les opérations neurochirurgicales. L’investissement ne devrait pas se limiter à la livraison des équipements. Le dispositif prévoit également leur installation, leur mise en service technique et la formation des professionnels appelés à les utiliser. Médecins, personnels paramédicaux et techniciens spécialisés des deux établissements doivent ainsi bénéficier d’un accompagnement destiné à assurer la prise en main des nouvelles technologies. Le délai annoncé pour la livraison et la mise en route opérationnelle des équipements est de trois mois.
Cotonou et Parakou au cœur de la montée en gamme
Cette initiative intervient dans un contexte de modernisation progressive du parc hospitalier public. Le CNHU-HKM a notamment renforcé ses capacités d’imagerie avec une IRM mise en service en 2020, suivie d’un premier scanner en 2022 puis d’un second appareil de nouvelle génération en octobre 2025. À Parakou, le CHUD-B avait bénéficié en 2022 d’une unité de scanographie ainsi que de nouveaux équipements de dialyse. D’autres acquisitions annoncées en 2026 pour plusieurs centres hospitaliers universitaires portent notamment sur la chirurgie digestive et l’ophtalmologie. Le programme projeté pour la neurochirurgie s’inscrit donc dans une politique plus large de renforcement des capacités techniques des établissements publics de santé. Créée en juin 2023, l’ANMH intervient précisément dans l’acquisition et la gestion des équipements médico-techniques destinés aux formations sanitaires publiques.
Réduire les évacuations et rapprocher les soins spécialisés
Au-delà de la modernisation matérielle, l’enjeu porte sur la capacité du système de santé à retenir davantage de patients nécessitant des interventions complexes. Les pathologies cérébrales et rachidiennes figurent parmi les affections pour lesquelles l’insuffisance d’équipements spécialisés peut conduire à envisager des évacuations sanitaires. En dotant Cotonou et Parakou d’équipements neurochirurgicaux plus performants, le programme ambitionne ainsi d’améliorer la précision des interventions et la qualité de la prise en charge. L’implantation de capacités renforcées à Parakou présente également un intérêt territorial. Elle peut contribuer à rapprocher les soins spécialisés des populations du nord et à limiter la concentration des patients nécessitant des interventions complexes dans la seule métropole économique. Avec cette enveloppe de 1,337 milliard de francs CFA, l’ANMH inscrit ainsi la neurochirurgie dans la dynamique de modernisation du système hospitalier béninois. La portée réelle de l’investissement dépendra désormais de la livraison effective des équipements, de leur disponibilité opérationnelle et de la capacité des établissements à maintenir durablement ces nouveaux plateaux techniques.
Rafiou LAWAL