Transparence budgétaire : Le Bénin dans le cercle restreint des adulés de Washington, le sceau Wadagni

Le Bénin compte au nombre des 16 pays africains qui satisfont aux exigences minimales de transparence budgétaire fixées par les États-Unis. Une reconnaissance qui consacre plusieurs années de réformes dans la gestion des finances publiques et, au-delà, la méthode imprimée par Romuald Wadagni, ancien ministre de l’Économie et des Finances devenu président de la République.
Dans son Fiscal Transparency Report 2026, publié le 11 août 2026, le Département d’État américain identifie le Bénin parmi les pays qui respectent les exigences minimales en matière de transparence budgétaire. Sur le continent africain, ils ne sont que 16 à atteindre ce niveau, tandis que neuf pays affichent des progrès significatifs et 27 autres demeurent dans une situation de progrès lent ou de stagnation. L’évaluation américaine porte sur les pratiques budgétaires observées durant l’année 2025. Elle s’intéresse notamment à l’accès du public aux informations budgétaires, à la qualité et à la fiabilité des données financières, à la dette souveraine, aux marchés publics ainsi qu’aux contrats liés à l’exploitation des ressources naturelles. Le rapport est élaboré à partir d’informations recueillies auprès des représentations diplomatiques américaines, d’agences gouvernementales, d’organisations internationales et de la société civile. Le Bénin partage cette reconnaissance avec le Botswana, le Burkina Faso, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Kenya, la Mauritanie, Maurice, le Maroc, la Namibie, le Rwanda, les Seychelles, l’Afrique du Sud, la Tunisie et l’Ouganda. Une présence qui situe le pays dans le groupe des États africains ayant réussi à instaurer des mécanismes suffisamment solides pour rendre leurs finances publiques plus lisibles, accessibles et crédibles.
Le mérite de Wadagni reconnu dans ce classement
Difficile, dans le cas béninois, de dissocier cette performance de la trajectoire imprimée par Romuald Wadagni au ministère de l’Économie et des Finances. Nommé à ce poste en avril 2016, l’ancien expert de Deloitte a placé la modernisation de la gestion publique, la mobilisation des recettes, la crédibilité budgétaire et la transparence au cœur de son action. Le ministère rappelle lui-même que sa politique reposait notamment sur une gestion « transparente, proactive et innovante » des finances publiques. Dix années plus tard, les effets de cette méthode continuent de se mesurer. Le rapport américain ne constitue certes ni un classement général de la gouvernance ni un indice de corruption. Washington précise d’ailleurs qu’un pays satisfaisant aux critères de transparence fiscale n’est pas nécessairement exempt de corruption. Mais le fait de satisfaire aux standards américains constitue bel et bien un indicateur de qualité dans la gestion et la publication de l’information financière publique. C’est précisément là que le mérite de Wadagni apparaît. La performance enregistrée en 2025 est aussi le produit d’un cadre institutionnel et administratif consolidé pendant les années où il a dirigé les finances publiques béninoises. La transparence n’est pas une opération de communication ponctuelle : elle repose sur des procédures, des documents accessibles, des données fiables et une discipline budgétaire durable. Et cette méthode ne s’est pas arrêtée avec son départ du ministère. Devenu président de la République après son investiture le 24 mai 2026, Romuald Wadagni entend inscrire son mandat dans la continuité des transformations économiques engagées précédemment. Le rapport porte sur les pratiques de l’administration béninoise en 2025, mais il vient aussi conforter une architecture financière largement façonnée sous la responsabilité de celui qui dirige désormais le pays.
Une reconnaissance qui appelle à poursuivre l’effort
Cette distinction américaine ne doit pas être considérée comme un aboutissement. Le Département d’État souligne que ses critères évoluent et que les évaluations peuvent changer d’une année à l’autre en fonction des performances des gouvernements, des nouvelles informations disponibles ou du renforcement des exigences. Pour le Bénin, l’enjeu est donc désormais de maintenir ce niveau d’exigence. Dans un environnement international où la confiance des investisseurs, des bailleurs et des marchés dépend largement de la qualité de l’information financière, figurer parmi les 16 pays africains conformes aux standards américains constitue un signal particulièrement positif. Au-delà du satisfecit, cette performance raconte surtout une histoire de continuité. Celle d’un pays qui a fait de la rigueur budgétaire et de la transparence des finances publiques des instruments de crédibilité. Et celle d’un responsable politique, Romuald Wadagni, qui, après avoir piloté cette transformation depuis les finances publiques, porte désormais la même exigence au sommet de l’État. Le Bénin est ainsi dans le cercle restreint des bons élèves africains de la transparence budgétaire. Une place qui, plus qu’un trophée, vient confirmer une méthode : gérer avec rigueur, rendre compte avec transparence et inscrire l’action publique dans la durée.
Sènou Carlos WANOU
