Droits en santé reproductive : Une coordination renforcée pour faire reculer la mortalité maternelle

Face aux défis persistants de la mortalité maternelle, les acteurs engagés dans les droits en santé sexuelle et reproductive se sont retrouvés les 22 et 23 juillet 2026 à l’Hôtel du Lac de Cotonou. Cette concertation nationale, portée par l’Association béninoise pour la promotion de la famille (ABPF) avec le soutien du Centre ODAS et d’OASIS, a permis de définir des stratégies communes pour renforcer la coordination des interventions et améliorer durablement l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive au Bénin.
Renforcer la concertation pour mieux coordonner les interventions. C’est l’ambition de la réunion nationale organisée par l’Association béninoise pour la promotion de la famille (ABPF), avec le soutien du Centre ODAS et d’OASIS. Au terme des deux journées de travaux, les participants ont adopté une feuille de route nationale assortie d’un plan d’action et d’un mécanisme de suivi destinés à améliorer la coordination des interventions en matière de droits en santé sexuelle et reproductive. Ils ont également décidé de produire un rapport général, une cartographie des acteurs des DSSR ainsi qu’un profil national sur la réduction des décès maternels évitables. Ces outils devront guider les actions futures et renforcer la complémentarité entre les différents intervenants.
Des priorités communes pour accélérer les actions
Ces résultats sont le fruit d’échanges ayant réuni des représentants du ministère de la Santé, de l’Institut national de la femme (INF), des ambassades de France et des Pays-Bas, des partenaires techniques et financiers, des
organisations de la société civile, des associations de jeunes, des réseaux féministes ainsi que des professionnels de santé. Ensemble, ils ont analysé les défis qui freinent encore l’amélioration de la santé sexuelle et reproductive au Bénin. Les discussions ont permis d’identifier plusieurs goulots d’étranglement, notamment le financement des interventions, l’approvisionnement en médicaments et en équipements, la disponibilité des intrants, la formation des prestataires, le plaidoyer ainsi que l’engagement communautaire. Les participants se sont également penchés sur les difficultés rencontrées dans l’accès à la contraception, aux soins complets
d’avortement sécurisé, aux soins après avortement et aux services de prise en charge des violences basées sur le genre. En marge de ces échanges, plusieurs communications techniques ont alimenté les réflexions. Elles ont porté sur les conséquences de la Global Gag Rule et des accords Government-to-Government (G2G), les stratégies nationales de réduction de la mortalité maternelle, le cadre juridique de l’avortement sécurisé au Bénin ainsi que les initiatives engagées dans la lutte contre les violences basées sur le genre. Les partenaires techniques, notamment APHRC, IPAS et EngenderHealth, ont partagé leurs expériences de terrain et formulé des recommandations pour améliorer la qualité et l’accessibilité des services.Le Dr Thierry Lawalé est intervenu au nom du ministère de la Santé. Lors de son intervention, il a salué la qualité des échanges et réaffirmé l’engagement du gouvernement à
accompagner les initiatives en faveur des droits en santé sexuelle et reproductive. Selon lui, les recommandations issues de cette concertation, organisée en collaboration avec le Centre ODAS et OASIS, contribueront à renforcer les stratégies nationales de réduction de la mortalité maternelle et à améliorer la coordination des interventions sur l’ensemble du territoire. En misant sur une meilleure synergie entre les institutions publiques, les partenaires techniques et financiers et les organisations de la société civile, les acteurs des DSSR entendent désormais accélérer la mise en œuvre des actions retenues afin de faire reculer durablement la mortalité maternelle au Bénin.
Rafiou Lawal