Révision des tarifs internet : L’ARCEP ouvre le dialogue avec les associations de consommateurs

Après la suppression des forfaits dits « illimités » à 5 000 et 10 000 FCFA, l’organe de régulation reçoit les représentants des usagers ce mercredi 12 août 2026
La polémique autour de la révision des tarifs des forfaits internet au Bénin entre dans une nouvelle phase. Face aux nombreuses réactions suscitées par la suppression récente des offres dites « illimitées » de 5 000 et 10 000 francs CFA proposées par les opérateurs de téléphonie mobile, l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (ARCEP) a décidé de renouer le dialogue avec les représentants des consommateurs. Une séance de travail est prévue ce mercredi 12 août 2026 afin d’examiner les préoccupations exprimées par les usagers.
La modification des offres internet a provoqué une vague de réactions parmi les abonnés. Ces derniers dénoncent notamment une augmentation importante du coût de la connexion, alors que le forfait mensuel présenté comme l’équivalent minimal des anciennes offres est désormais affiché à 15 100 francs CFA.
Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont exprimé leur mécontentement, estimant que cette nouvelle tarification pèse davantage sur le pouvoir d’achat des ménages. La question de l’accessibilité de l’internet, devenu un outil essentiel pour les activités professionnelles, l’éducation, les échanges et les services numériques, s’est ainsi retrouvée au cœur des débats. Face à la montée des contestations, l’ARCEP a apporté des précisions sur le cadre réglementaire applicable aux offres commerciales des opérateurs de téléphonie mobile. L’institution rappelle que les tarifs pratiqués doivent respecter les décisions réglementaires en vigueur, notamment celles relatives aux planchers et plafonds tarifaires.
Les consommateurs entendus par l’ARCEP
Au-delà de ces précisions réglementaires, l’organe de régulation entend également écouter les préoccupations des usagers. C’est dans ce contexte qu’une séance de travail a été convoquée avec les représentants de l’Association des consommateurs. Cette rencontre devrait permettre aux différentes parties d’examiner les revendications formulées depuis la modification des offres et de rechercher des pistes permettant de rétablir un climat de confiance entre les consommateurs, les opérateurs et le régulateur. L’enjeu est d’autant plus important que l’accès à internet occupe désormais une place centrale dans le quotidien des Béninois. Toute évolution significative des tarifs est donc susceptible d’avoir des répercussions sur les particuliers, les jeunes, les étudiants, les travailleurs indépendants et les petites entreprises.
Le gouvernement précise sa position
Le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, est également intervenu dans le débat pour clarifier la position de l’État. Il a rappelé que l’Exécutif ne fixe pas directement les tarifs des offres commerciales proposées par les opérateurs privés.
Le gouvernement demeure toutefois attentif aux conséquences de ces évolutions tarifaires. Selon cette approche, il lui revient notamment de veiller à la recherche d’un équilibre entre la nécessité de poursuivre les investissements dans les infrastructures numériques, la viabilité économique du secteur des télécommunications et la préservation du pouvoir d’achat des citoyens. La séance de travail entre l’ARCEP et les représentants des consommateurs apparaît ainsi comme une étape importante dans la gestion de cette controverse. Les échanges devront permettre de confronter les préoccupations des usagers aux contraintes réglementaires et économiques du secteur, avec l’objectif de parvenir à des solutions conciliant accessibilité de l’internet et développement durable des services numériques au Bénin.
Rafiou LAWAL
