GESTION DES FINANCES LOCALES AU BENIN : Cotonou veut faire du budget communal un levier de transformation

Le 19 août 2026 a eu lieu la première Conférence budgétaire communale de la municipalité de Cotonou. Objectif, rompre avec la logique de reconduction des dépenses pour inscrire la gestion budgétaire dans une culture de résultats. Avec l’appui de la Direction générale du Budget (DGB), la Ville entend mieux mobiliser ses ressources, renforcer l’exécution des crédits et orienter davantage ses dépenses vers des réalisations à fort impact pour les populations.
Le budget communal entend innover au plan budgétaire. Désormais, il ne devrait plus être perçu comme un simple état des recettes et des dépenses, mais comme un instrument central de mise en œuvre des priorités de la nouvelle mandature. C’est l’orientation défendue par le maire Luc-Marie Constant Gnacadja à l’issue de la première Conférence budgétaire communale, tenue le 19 août à l’Hôtel de Ville. Pour l’édile, l’ambition de transformation de la capitale économique du Bénin doit nécessairement s’appuyer sur une trajectoire financière réaliste. La recherche d’un budget plus important ne constitue donc pas une fin en soi. Il faut surtout renforcer la capacité de la commune à définir ses priorités, mobiliser ses ressources et transformer les crédits votés en réalisations concrètes. « Le budget communal ne peut plus être une simple addition de dépenses reconduites d’année en année », a précisé le maire Luc Gnacadja. Cette rupture doit conduire la municipalité à réexaminer ses choix et à concentrer ses moyens sur les interventions susceptibles d’améliorer le plus directement la qualité de vie des Cotonoises et des Cotonois.
Mobiliser davantage, dépenser mieux
Cette nouvelle discipline intervient dans un contexte où Cotonou dispose d’un potentiel économique et fiscal important, mais doit composer avec des contraintes financières qui réduisent ses marges de manœuvre. La municipalité entend ainsi renforcer la mobilisation et le recouvrement de ses recettes propres, maîtriser certaines charges de fonctionnement et mieux prendre en compte le poids des engagements et dettes accumulés. L’objectif est de dégager progressivement davantage de ressources pour l’investissement. Chaque dépense devra être appréciée à l’aune de son utilité, de son niveau et de sa contribution aux priorités municipales. « La discipline budgétaire n’est pas contradictoire avec l’ambition. Elle en est l’une des conditions », affirme le maire. La municipalité veut ainsi dépasser une conception du budget centrée sur les moyens mobilisés pour privilégier une approche fondée sur les résultats obtenus.
L’exécution au cœur de la performance, un budget orienté résultats
La conférence budgétaire a également mis en lumière un autre enjeu majeur : la capacité à exécuter effectivement les crédits inscrits. Un budget, aussi ambitieux soit-il, ne peut produire d’effets sur le terrain si les projets programmés ne sont pas réalisés. Cotonou entend donc renforcer l’anticipation et le pilotage des opérations. Maturation des projets, programmation des marchés publics, procédures administratives, capacités des services et disponibilité des ressources devront être mieux pris en compte dès la préparation budgétaire. Les principales opérations devront notamment disposer d’un calendrier, de responsables clairement identifiés et d’un mécanisme de suivi permettant de détecter les blocages et de procéder aux arbitrages nécessaires. La règle affichée est claire : « inscrire ce que la ville a réellement la capacité de mettre en œuvre, tout en renforçant progressivement cette capacité d’exécution ». Au-delà du taux d’exécution, la réforme entend surtout mesurer la valeur créée par la dépense publique. « Consommer les crédits inscrits ne constitue pas, en soi, une mesure de réussite », rappelle le maire. La Ville souhaite ainsi relier progressivement ses principales priorités à des objectifs précis, des résultats attendus, des responsables, des échéances et des indicateurs de suivi. Une chaîne de responsabilité budgétaire devrait en découler : « Priorité- Budget-Exécution-Résultat-Impact. » Avec l’accompagnement de la Direction générale du Budget, la première Conférence budgétaire communale a permis d’examiner les capacités financières et opérationnelles de Cotonou, ainsi que les leviers susceptibles d’améliorer la mobilisation des ressources et l’exécution des investissements. À terme, l’ambition est de construire un budget à la fois sincère, soutenable, exécutable et orienté vers la performance. Cotonou ne veut donc pas seulement augmenter le volume de son budget, mais renforcer sa capacité à le financer et à le transformer en réalisations tangibles. Pour le maire, c’est à cette condition que le budget communal pourra devenir « véritablement l’un des principaux instruments du changement d’échelle de Cotonou ».
A.T
