« Covè en 10 regards » : Un voyage au cœur du patrimoine de la terre des mythes

Le lancement et la présentation officielle du document a eu hier vendredi 18 Septembre 2026 en présence des forces vives de la commune
La présentation a été faite de main de maître par le Maire Auguste Amoussou AÏHUNHIN.
Histoire, traditions, spiritualité, biodiversité, agriculture, artisanat et tourisme composent les différentes facettes de Covè. À travers l’ouvrage « Covè en 10 regards », la commune met en récit son identité et ses potentialités, avec l’ambition de mieux faire connaître un territoire riche de ressources culturelles, naturelles et économiques.
À Covè, le patrimoine ne se résume pas aux traces du passé. Il se retrouve dans les pratiques culturelles, les espaces sacrés, les savoir-faire, les productions agricoles et les liens sociaux qui structurent encore la vie locale. C’est cette diversité que l’ouvrage « Covè en 10 regards » entreprend de mettre en lumière. À travers dix angles de lecture, le document retrace l’histoire de la commune tout en présentant les ressources susceptibles de soutenir son développement.
Le récit revient notamment sur le peuplement de Covè et les figures associées à ses origines, parmi lesquelles Adikoun, Ganyé Zehe, Dada Akao et Fon Ayihontin. Les migrations et alliances ayant façonné le territoire occupent également une place dans cette présentation. La dimension spirituelle est abordée à travers les six ordres mystiques que sont les Ahossou, Vodounons, Sangni-Bokonons, Fa-Bokonons, Donkpingans et Gbetos.
Guèlèdè, satô et richesses naturelles
Le patrimoine culturel occupe une place majeure dans l’ouvrage. Covè y est présentée comme une cité des masques Guèlèdè et un foyer de la culture mahi et de l’aire culturelle d’Agonlin. Introduit au début du XXᵉ siècle par Déguénonkpè, le Guèlèdè associe masques sculptés, chants satiriques et danses. La présence de « statuettes vivantes » constitue l’une des particularités relevées dans les représentations locales.
Le satô figure également parmi les expressions culturelles mises en avant. Ce rythme majeur d’Agonlin repose sur deux grands tambours consacrés, mâle et femelle, dont la fabrication et l’utilisation répondent à des règles rituelles précises.
À ce patrimoine immatériel s’ajoutent les ressources naturelles. Le fleuve Zou, le lac Nakava, les forêts sacrées de Kponzoun et Allozoun ainsi que les collines Sovo, Fesso et Avounso offrent des possibilités de découverte et d’écotourisme, dans le respect des règles traditionnelles.
Agriculture, artisanat et tourisme en perspective
L’agriculture constitue une autre composante de l’identité économique de Covè. Près de 80 % des habitants vivraient directement des produits de la terre. Manioc, maïs, riz, arachide, niébé, agrumes et cultures maraîchères alimentent la production locale. Le kluiklui, l’Agonlimi et le sodabi figurent parmi les produits identitaires cités.
L’artisanat complète cet ensemble avec la sculpture sur bois, les masques Guèlèdè, la poterie, la vannerie et le travail du bambou. L’ouverture des ateliers aux visiteurs est présentée comme une piste de valorisation des savoir-faire locaux.
Sur le plan touristique, trois circuits sont identifiés : la porte d’entrée touristique de Covè, la route des Vodouns et la destination Collines. L’office de tourisme et les infrastructures hôtelières accompagnent cette dynamique.
Au-delà de l’inventaire, l’ouvrage propose une réflexion sur l’avenir du territoire. Formation et entrepreneuriat des jeunes, transformation agroalimentaire, artisanat et tourisme apparaissent comme des secteurs susceptibles de soutenir l’emploi et l’économie locale. La structuration des activités informelles et la préservation de l’environnement restent toutefois des défis à prendre en compte.
Rafiou Lawal