Economie

Africa CEO Forum 2026 : L’Afrique appelée à transformer son potentiel en puissance économique

Kigali, la capitale rwandaise, accueille les 14 et 15 mai 2026, l’Africa CEO Forum, grand rendez-vous du secteur privé africain organisé par Jeune Afrique Media Group en partenariat avec International Finance Corporation. Plus de 2.800 participants issus de 70 pays prennent part à cette édition marquée par une forte mobilisation des dirigeants politiques et économiques du continent. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement, de hauts responsables venus notamment du Bénin, de la Tanzanie, de la Guinée et du Mozambique et du Directeur Afrique de l’IFC.

Placée sous le signe de l’intégration économique et de l’émergence de champions africains capables de rivaliser à l’échelle mondiale, avec pour thème, « Scale or fail : pourquoi le capitalisme africain doit unir ses forces ». Cette édition entend explorer les leviers qui permettront aux entreprises africaines de plus s’imposer plus dans un environnement international fragmenté. Dirigeants d’entreprises et responsables d’institutions financières ont plaidé à l’occasion pour une accélération de l’intégration économique du continent. Entre appels à l’action collective, industrialisation et mobilisation des capitaux africains, les intervenants ont insisté sur la nécessité de transformer les ambitions de la ZLECAf en résultats concrets. A l’ouverture des travaux, le Président rwandais Paul Kagame a exhorté les pays africains à dépasser les discours pour engager des actions concrètes. « L’Afrique doit pleinement prendre conscience de sa place dans le système mondial », a-t-il déclaré, avant d’appeler le continent à miser davantage sur le développement autonome et la coopération régionale. Le chef de l’État rwandais a mis en avant les immenses potentialités africaines, notamment dans les énergies renouvelables, particulièrement le solaire, ainsi que les importantes réserves de minerais critiques indispensables aux technologies modernes. Selon lui, le principal défi du continent ne réside ni dans le manque de ressources ni dans l’absence d’idées, mais plutôt dans « l’insuffisance de coordination et de mise en œuvre ». « Nous devons renforcer l’action collective afin de transformer ce potentiel en résultats tangibles », a insisté Paul Kagame, estimant que l’Afrique pouvait occuper une place plus équilibrée dans un ordre mondial en pleine recomposition. Même tonalité du côté du directeur général d’IFC, Makhtar Diop, qui a plaidé pour une accélération des investissements privés et un approfondissement de l’intégration économique régionale. Face aux turbulences économiques mondiales, Makhtar Diop a souligné l’importance de consolider les fondamentaux macroéconomiques afin de bâtir des économies plus résilientes. Il a identifié plusieurs secteurs prioritaires pour la transformation structurelle du continent : l’énergie, les infrastructures de transport, l’agriculture, la santé, le développement des compétences et l’industrialisation. Le patron d’IFC a notamment évoqué la « Mission 300 », initiative visant à accélérer l’électrification du continent, ainsi que le développement de corridors économiques régionaux et le renforcement des chaînes de valeur locales. Pour lui, l’Afrique doit désormais transformer davantage ses ressources naturelles au lieu de continuer à exporter essentiellement des matières premières brutes. CEO Jeune Afrique Media Group, Amir Ben Yahmed a insisté sur les obstacles qui freinent encore l’intégration économique africaine. Il a notamment pointé les barrières réglementaires, les restrictions à la circulation des capitaux et les difficultés rencontrées par certaines entreprises africaines dans leur expansion régionale. Le dirigeant de Jeune Afrique Media Group a également appelé à une meilleure mobilisation des ressources financières africaines afin de réduire la dépendance vis-à-vis des capitaux étrangers. Selon lui, des initiatives majeures comme la Zone de libre-échange continentale africaine et le Pan-African Payment and Settlement System doivent désormais entrer dans une phase opérationnelle plus exigeante. « Il faut dépasser la logique des discours pour aller vers des résultats concrets », a-t-il affirmé, plaidant pour la mise en place de mécanismes rigoureux de suivi, d’évaluation et de responsabilisation. Dix ans après le lancement des négociations de la ZLECAf, l’Africa CEO Forum de Kigali apparaît ainsi comme une plateforme stratégique pour accélérer l’intégration économique du continent. Chefs d’entreprise, investisseurs et responsables politiques sont appelés à construire des alliances transfrontalières, mutualiser les risques et mobiliser davantage de capitaux africains. L’ambition est de faire émerger in fine, de véritables champions continentaux capables de stimuler la croissance, créer des emplois et renforcer durablement le poids économique de l’Afrique sur la scène mondiale.

A.T

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page