Sommet Africa Forward 2026 à Nairobi : Le Bénin séduit les investisseurs avec sa stratégie industrielle portée par la Gdiz

À Nairobi, lors du sommet Africa Forward | Inspire & Connect, le Bénin a présenté sa vision de transformation économique fondée sur l’industrialisation et la valorisation locale des matières premières. Devant un parterre d’investisseurs et de dirigeants d’entreprises, les responsables béninois ont mis en avant les performances de la Zone industrielle de Glo-Djigbé et les mécanismes de financement destinés à soutenir l’ambition du pays de devenir une plateforme industrielle régionale.
Le Bénin poursuit méthodiquement sa marche vers la modernisation industrielle. Après avoir multiplié les interventions dans les grands rendez-vous économiques internationaux, le pays a une nouvelle fois capté l’attention des investisseurs au sommet Africa Forward | Inspire & Connect organisé à Nairobi.
Face à un public composé d’investisseurs internationaux, de dirigeants de grandes entreprises et de partenaires économiques, les représentants béninois ont exposé la stratégie économique du pays, articulée autour de l’industrialisation, de la transformation locale des matières premières et de l’investissement durable.
Au centre des échanges figurait la Zone industrielle de Glo-Djigbé (Gdiz), considérée comme le principal levier de cette dynamique économique. Présentant les avancées enregistrées, Létondji Beheton, Directeur général de Sipi-Bénin S.a, a indiqué que cette zone économique spéciale s’étend sur 1 640 hectares et abrite déjà plus de 20 usines opérationnelles. Selon les chiffres dévoilés au cours du panel, près de 25 000 emplois y auraient été créés.
Le responsable de Sipi-Bénin S.a a également expliqué que le gouvernement béninois s’emploie à lever plusieurs freins structurels à l’industrialisation en Afrique. Parmi les défis évoqués figurent notamment le coût élevé de l’énergie, l’accès à des financements compétitifs ainsi que les contraintes liées aux infrastructures logistiques.
Intervenant à son tour, Maryse Lokossou, Directrice générale de la Caisse des dépôts et consignations du Bénin, a rappelé le rôle stratégique de cette institution publique créée en 2018. Présentée comme un fonds souverain, elle a pour mission de mobiliser des ressources afin d’accompagner les projets structurants et les investissements stratégiques du pays.
Les statistiques présentées à Nairobi traduisent déjà les premiers résultats de cette politique de transformation locale. Désormais, près de 13 % du coton brut produit au Bénin est transformé sur le territoire national. Dans la filière cajou, environ 50 % des noix destinées à l’exportation subissent également une transformation locale avant expédition.
À travers leurs différentes interventions, les responsables béninois ont insisté sur l’existence d’un environnement qu’ils jugent favorable aux investissements, reposant sur des infrastructures industrielles modernes, des mécanismes de financement adaptés et un accompagnement des porteurs de projets.
Par cette offensive économique à l’international, le Bénin confirme son ambition de changer durablement de modèle économique. Le pays entend désormais s’affirmer non plus seulement comme exportateur de matières premières, mais comme une véritable plateforme industrielle régionale capable d’attirer et de retenir les investissements à forte valeur ajoutée.
Rafiou LAWAL