2è Concertation trimestrielle entre BCEAO- Banques : Les indicateurs économiques et bancaires restent au vert au Bénin
(Croissance soutenue, amélioration du rapatriement des recettes, des banques dynamiques…)

La deuxième réunion trimestrielle de concertation entre le Directeur national de la BCEAO et les Directeurs généraux d’établissements de crédit, au titre de l’année 2026, s’est tenue le 24 juin 2026 dans les locaux de l’Institut d’émission à Cotonou. Au terme de la séance, le Directeur national de la BCEAO, Emmanuel Junior Assilamehoo, et le Président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Bénin (Apbef-Bénin) ont fait le point des échanges avec les professionnels des médias.
La rencontre trimestrielle entre la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et les responsables des établissements de crédit du Bénin a permis de passer en revue l’état du système bancaire national, l’évolution de la conjoncture économique ainsi que plusieurs dossiers stratégiques relatifs au financement de l’économie et à la modernisation des services financiers. En ouverture des travaux, les participants ont examiné l’évolution récente du cadre macroéconomique de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et du Bénin. Malgré les incertitudes persistantes liées à l’environnement international, notamment les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, les indicateurs économiques demeurent globalement orientés à la hausse.
À l’échelle de l’Union, la croissance économique est estimée à 6,1 % au premier trimestre 2026, après 6,5 % au trimestre précédent. L’inflation est quant à elle ressortie à -0,2 %, contre -0,8 % un trimestre plus tôt. Si la croissance a été révisée au niveau mondial, ce n’est pas encore le cas dans l’Uemoa. « Au niveau de l’Union, nous n’avons pas encore révisé nos prévisions de croissances. Sans doute que d’ici la fin de l’année, il y aura des travaux approfondis en fonction des impacts qui seront identifiés » a noté le Directeur national Bénin de la BCEAO, Emmanuel Assilamehoo. Au Bénin, l’activité économique a enregistré une progression remarquable de 8,1 % en 2025, tandis que le taux d’inflation moyen s’est établi à 1,0 % à fin mars 2026, contre 1,1 % en décembre 2025. Cette dynamique devra se consolider en cette année 2026 avec un taux de croissance attendue à 7,5%. Dans ce contexte favorable, le Comité de politique monétaire de la BCEAO a décidé, lors de sa réunion du 10 juin 2026, de maintenir inchangés ses principaux taux directeurs. Le taux auquel la Banque centrale prête ses ressources aux banques reste à 3 %, tandis que le taux du guichet de prêt marginal demeure à 5 %. Le coefficient des réserves obligatoires applicable aux établissements assujettis de l’Union est également maintenu à 3 %.
Les échanges ont également mis en lumière la bonne tenue du système bancaire béninois. À fin mars 2026, le total bilan des banques s’établissait à 7.830,8 milliards FCFA, en hausse de 9,7 % en glissement annuel. Les crédits à la clientèle ont également progressé de 6,4 % pour atteindre 3.782,1 milliards FCFA. Les conditions de financement demeurent favorables, avec un taux d’intérêt effectif global en baisse à 7,27 % contre 7,69 % un an auparavant. Sur le plan prudentiel, le secteur bancaire conserve une solide assise financière avec un ratio de solvabilité de 18,5 %, largement supérieur à la norme réglementaire de 11,5 %. Dans son appréciation, le Directeur national de la BCEAO Bénin a dit la satisfaction de la BCEAO du niveau de la liquidité et a insisté sur l’amélioration de la trésorerie propre des banques. « L’activité bancaire malgré tout se porte très bien. On a relevé qu’il y avait une satisfaction au niveau de la liquidité. Pendant longtemps, on a déploré le fait que les banque avaient des problèmes de liquidité. Aujourd’hui, elles n’en ont plus en tant que tel » a témoigné le DN BCEAO Bénin qui a poursuivi en mettant l’accent sur une détente des taux quant aux conditions du marché. « On est rassuré que les banques béninoises se portent bien, elles sont surcapitalisées, elles ont un ratio de solvabilité au-dessus de la norme, les crédits sont en augmentation, elles mobilisent de plus en plus de l’épargne ou de ressources et leur liquidité aussi s’améliore » a résumé le Directeur national pour la BCEAO. Toutefois, les banques béninoises ont été exhortées à surveiller la qualité de leur portefeuille et à faire attention à leurs actifs quant à la norme liée aux biens immobiliers que la BCEAO a invité à ne pas dépasser sachant que de plus en plus, les banque en comptent dans leur actif. Dans la dynamique de l’amélioration des pratique, la BCEAO a aussi souligné une certaine progression dans le rapatriement des recettes d’exportations.
285,5 milliards FCFA dans la Campagne cotonnière
L’examen du bilan de la campagne 2025-2026 de commercialisation du coton graine a constitué un autre temps fort de la rencontre. Selon les données présentées, la production nationale devrait atteindre environ 647.000 tonnes pour un concours bancaire estimé à 285,5 milliards FCFA. Les banques se montrent confiantes quant au remboursement des financements accordés, à l’image des campagnes précédentes qui se sont déroulées sans difficultés majeures. La BCEAO a toutefois encouragé les établissements de crédit à diversifier davantage leur connaissance des autres filières agricoles afin de mieux accompagner les petites et moyennes entreprises évoluant dans ces secteurs à fort potentiel. « Les banques ne craignent pas qu’il y ait des queues de campagne. Elles ont financé la campagne et n’ont aucune inquiétude quant au bon dénouement de ces crédits » ont souligné les conférenciers.
Accélération du paiement instantané, des banques attendues à fin juin
Les discussions ont également porté sur l’intégration des banques à la Plateforme interopérable du système de paiement instantané (PI-SPI), un projet majeur de modernisation des paiements dans l’espace UEMOA. Les dirigeants bancaires ont été invités à respecter l’échéance du 30 juin 2026 pour finaliser l’arrimage de leurs institutions à cette plateforme et assurer son déploiement effectif auprès de la clientèle. Une attention particulière a été accordée à la création systématique des alias dans le souci de simplifier les transactions des clients. À ce jour, cinq banques : BOA, Coris Bank, Ecobank, Orabank et UBA ont ouvert ce service au public. La BCEAO a annoncé cependant que le point à date convainc de ce que des diligences continuent au sein des banques retardataires pour être au rendez-vous à l’échéance. Aussi, les populations sont exhortées à adopter davantage cette solution car, pour l’heure, le taux d’usage au Bénin (1,94%) se trouve être l’un des plus faibles dans la zone Uemoa. Seulement 9823 transactions ont été dénombrées portant sur une valeur numéraire de 892 millions FCFA.
La rencontre a par ailleurs permis à la BCEAO de sensibiliser les établissements financiers aux récentes évolutions de la réglementation des changes, notamment en matière de paiements extérieurs des résidents de l’UEMOA de nationalité étrangère et d’ouverture de comptes en francs CFA au profit des ressortissants de l’Union vivant à l’étranger sans oublier la loi sur le faux monnayage votée récemment au parlement. Enfin, la Banque centrale s’est mise à l’écoute des préoccupations de la profession bancaire afin d’identifier les contraintes auxquelles font face les acteurs financiers et de poursuivre le renforcement du financement de l’économie béninoise.
Chester W.