Santé, nutrition et développement de la petite enfance : Rôle moteur de la croissance en Afrique de l’Ouest et du Centre

L’avenir d’un enfant ne commence pas à sa naissance. Il est façonné bien avant, durant les 2 000 premiers jours — de la conception jusqu’à l’âge de 5 ans — lorsque les soins maternels, la nutrition, la stimulation précoce et la qualité du système de santé contribuent au développement cérébral et à la croissance physique. Mais l’opportunité ne s’arrête pas là. L’adolescence offre une deuxième fenêtre cruciale pour protéger les acquis, soutenir la santé et la nutrition des filles et préparer les conditions permettant aux jeunes d’apprendre, de travailler et de s’épanouir dans la parentalité. Ceci est au cœur de la stratégie de santé pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre tournée vers l’avenir : investir tôt, maintenir le soutien jusqu’à l’adolescence et développer le capital humain qui déterminera si une génération sera le moteur de la croissance économique ou si elle devra faire face à des revers évitables.
Plus de 200 millions d’enfants naîtront entre 2025 et 2050
D’ici 2050, près d’un jeune sur cinq dans le monde vivra en Afrique de l’Ouest et du Centre. C’est l’un des changements démographiques déterminants de notre époque. Dans une région exposée à la fragilité, aux conflits, à la violence, aux chocs climatiques et à l’insécurité alimentaire, le choix est difficile : transformer cette poussée de jeunes en un dividende démographique, ou la laisser aggraver l’instabilité, l’exclusion et la vulnérabilité aux influences néfastes. La différence viendra des investissements réalisés aujourd’hui — dans la santé, la nutrition, le bien-être de la petite enfance et de l’adolescent, les systèmes de santé résilients et les voies crédibles vers un travail décent.
Les racines de la crise de l’emploi et de la sécurité de demain sont déjà visibles. Près d’un enfant sur dix meurt avant l’âge de cinq ans. Un sur trois souffre d’un retard de croissance. Il ne s’agit pas seulement de résultats en matière de santé et de nutrition ; Il s’agit des signes avant-coureurs de perte d’apprentissage, de baisse de productivité, de baisse des revenus et d’une plus grande vulnérabilité.
Dans les environnements fragiles et touchés par des conflits, le coût est encore plus élevé : lorsque les jeunes ne voient aucun moyen d’accéder à la santé, à la nutrition, aux compétences, au revenu ou à l’appartenance, ils sont plus exposés au recrutement par des réseaux déstabilisateurs et d’autres stratégies d’adaptation négatives. La fourniture et le développement de services de santé, de nutrition, de garde d’enfants et de proximité peuvent contribuer à les protéger, tout en créant des emplois, en particulier pour les femmes et les jeunes, là où la stabilité est la plus nécessaire.
Les 2 000 premiers jours façonnent toute une vie
Chaque dollar investi dans la nutrition peut rapporter jusqu’à 23 dollars. La période des 2 000 premiers jours, de la conception à l’âge de cinq ans, est la plus critique pour le développement du cerveau, la croissance physique et la productivité tout au long de la vie. Ce qui suppose d’investir dans l’ensemble du continuum de soins : santé maternelle, accouchement sans risque, survie des nouveau-nés, nutrition, vaccination, stimulation précoce et santé des adolescents. Il ne s’agit pas seulement d’un investissement dans la nutrition. C’est un investissement dans le capital humain. Lorsque les pays financent ensemble des services de nutrition et de santé maternelle, néonatale, infantile et adolescente de qualité, ils sauvent des vies, préviennent les retards de croissance, améliorent l’apprentissage et augmentent les revenus futurs. Investir tôt n’est pas seulement une question de politique sociale. C’est une stratégie économique — et l’un des moyens les plus rapides d’améliorer la santé et la productivité des générations.
Les carences en matière de santé et de nutrition d’aujourd’hui deviennent des disparités économiques demain. L’Afrique de l’Ouest et du Centre est l’une des régions du monde où la charge sanitaire et nutritionnelle est la plus lourde. La région représente 33 % des décès d’enfants dans le monde, 44 % des décès maternels et près de 60 % des décès dus au paludisme. Un enfant sur trois de moins de cinq ans souffre d’un retard de croissance. Plus de 100 flambées épidémiques ont été enregistrées depuis 2008. Derrière chaque statistique se cache un avenir perturbé : un enfant qui a du mal à apprendre, un parent qui perd du temps et des revenus, et un système mis à rude épreuve par les chocs climatiques, l’insécurité alimentaire et les conflits. Pourtant, dans toute la région, les dirigeants locaux et les agents de santé montrent que le changement est possible.