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« On m’a brûlé, violé, rejeté » : Le calvaire d’Abdel, bisexuel béninois, victime de violences homophobes

Abdel Djalal Deen Adisa Edmond AFFOLABI, citoyen béninois né à Porto-Novo, livre un témoignage bouleversant. De son coming out accidentel à sa séquestration, il raconte les violences subies en raison de son orientation sexuelle.

J’ai découvert ma véritable orientation sexuelle à l’été 2020, alors que je vivais avec mon ex-concubine, parents d’un enfant. Tout de suite, j’ai commencé à mener une double vie jusqu’en 2021, où ma femme reçut une photo de moi embrassant mon amant lors d’une fête. C’est à ce moment que ma vie bascula. Là, on était début décembre 2021, notre second enfant venait d’avoir 2 mois. Nos deux familles informées, ma belle-famille n’a pas perdu de temps, ils sont venus chercher la mère de mes enfants avec mes enfants. Mon beau-père ne voulait aucune explication, si ce n’est que sa fille ne pouvait vivre avec une inceste pareille.

J’ai été interdit de voir mes enfants avec obligation d’envoyer une pension alimentaire à chaque fin du mois, mes parents ont menacé de me renier si je ne changeais pas. Je n’avais plus le droit de prier dans la mosquée de mon quartier, ensuite ça a été dans les mosquées de ma localité. Je continuais bien sûr de voir mon amant.

Jusqu’au jour où, en revenant de chez lui un soir de juin 2022, j’ai été suivi par quatre individus qui m’ont accosté sur mon portail et m’ont battu et dégradé ma moto en me traitant de monstre et d’abomination, en m’interdisant de ne plus remettre les pieds à la mosquée.

Après mon agression, ma famille m’a strictement interdit de voir mon amant à nouveau, et mes parents m’ont menacé de mort. Mon père disait qu’il préférait me voir mort que vivre cette vie. Ce que je n’ai pas respecté. Vu ensemble en décembre 2022 par un cousin, une réunion fut convoquée en janvier 2023. C’est ce jour que j’ai compris que je devais prendre toutes les menaces faites à mon encontre au sérieux. Je fus ligoté, battu, brûlé au fer par un cousin plus âgé. C’est lui qui était chargé du châtiment corporel. Je suis resté malade pendant des jours. Dès que je me suis senti mieux, je suis allé déposer une plainte au commissariat. Après plusieurs relances, rien n’a été fait. Les faits ont été décrétés affaires familiales, ce qui n’était pas d’ailleurs surprenant vu que mon père est un commissaire de police à la retraite.

J’ai dû quitter la maison à cause des menaces répétées de mes parents et m’aménager chez mon amant. Pour avoir réussi à convaincre mon ex de me laisser voir mes enfants, son père m’a menacé de me tuer et de me rendre la vie difficile parce que j’aurais gâché la vie de sa fille et jeté le déshonneur sur sa famille. J’ai dû arrêter le travail et je n’osais plus sortir. J’étais devenu l’ombre de moi-même, la risée de toute le monde en ville.

Puis un soir du 20 novembre 2023, j’ai reçu un appel pour un cadeau surprise pour mon anniversaire. Je descendis et je fus embarqué de force dans une voiture par des hommes avec mon ex-beau-frère au volant pour une destination inconnue. J’ai été violé, battu pendant 3 jours sans eau ni nourriture, menaçant de me castrer et de m’insérer du bâton dans l’anus, jusqu’à ce que je perde connaissance. Quand j’ai repris connaissance, j’étais à l’hôpital de zone de Dangbo, un village situé à 17 km de ma ville.

On m’a fait comprendre qu’on m’a secouru près du cours d’eau du village. Après 2 semaines passées à l’hôpital, j’ai décidé de me faire petit, au vu des multiples dangers auxquels je cours. Avec mon petit ami, on avait décidé de quitter le pays pour fuir le danger. On planifiait quand, début janvier 2024, mon petit ami a disparu ; ni moi ni sa famille n’avons plus eu de nouvelles. Pris de peur, j’ai dû fuir de bout en bout. C’est au cours de mon périple que j’ai décidé de venir ici, aux États-Unis d’Amérique. Chez moi, aucunes législations ne protègent les homosexuels.

A.E

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